lundi 23 janvier 2012

J'aime mon estomac.



   Ce texte ne va pas surprendre ceux qui me connaissent bien, je suis ce qu'il est convenu d'appeler un gros mangeur, même si cela ne se voit pas au premier coup d'oeil, j'ai un bon coup de fourchette. Comme je ne suis pas spécialement gros, cela en estomaque plus d'un et les restaurateurs qui me regardent d'un oeil circonspect, avec un sourire narquois en coin, lorsque je commande un plat qui leur semble copieux, ont un visage fermé quand ils débarrassent mon assiette vide.
   Toutes les deux ou trois heures, j'ai l'estomac dans les talons et il me faut le remplir par un goûter entre les repas au risque de souffrir de crampes de ce même estomac, mais elles ne sont pas dues à un quelconque stress! Je pourrais aller jusqu'à dire que j'ai un estomac d'autruche, qui a une grande facilité à digérer. Je digère bien donc rien ne me reste sur l'estomac, du coup je ne suis pas rancunier, mais ce n'est pas par nature mais bel et bien d'ordre physiologique!
   De la même manière, le fait d'être un bon mangeur doué d'une facilité de digestion étonnante pourrait me pousser à dire que j'ai de l'estomac, mais cela ferait de moi un homme plein de courage. Il est vrai qu'il en faut, parfois, à l'heure d'honorer le plat d'un piètre cuisinier ou d'un anglais (mais n'est ce pas un pléonasme?), du courage ou de l'imagination d'ailleurs.Vous connaissez sans doute l'expression: "au début, j'ai cru que c'était de la merde, après j'ai regretté que ce ne fut pas de la merde!".
   Il faut, dans ces cas extrêmes , avoir un certain aplomb, que d'aucuns baptiseront bonne éducation, quitte à voir leur estomac se tire-bouchonner au risque que la dernière bouchée porte l'estoc à notre politesse, nous poussant à demander où sont les toilettes...viiite!!! C'est avoir l'estomac au bord des lèvres.
   Voilà, je fais très court, de tant m'égosiller me donne envie de me remplir le gosier jusqu'à plus soif, ça donne faim de tant mettre de coeur à l'ouvrage. Je vais me sustenter un peu, afin que mon estomac ne me tombe pas dans les talons, je m'en voudrais de devoir mettre les pieds dans le plat!

Qu'est ce qu'on attend pour être heureux?



   J'empruntez la formule de Charles Trenet pour mon texte de ce soir, car, après avoir jeté un oeil sur les actualités, après avoir visité quelques lieux de contestation sociale, ou prétendus comme tels, je me dis que la seule arme qui nous reste est d'être heureux.
   Nous n'avons plus le choix, entre les politiques qui s'entre déchirent, les coupables qui clament leur innocence d'autant plus haut et fort qu'ils sont coupables, les financiers et autres économistes qui nous annoncent que nous allons être toujours plus pauvres, les problèmes de santé, que ce soit le déficit abyssal de la sécurité sociale ou les médications qui sont des poisons, il nous faut devenir joyeux si nous voulons survivre à tous ces désastres annoncés.
   Alors je le dis, je le crie, je le revendique, haut et fort, laissons nous aller à la plus grande gaieté, devenons insouciants puisque nous ne pouvons plus rien faire d'autre que subir les évènements à venir. Seule une immense joie semble pouvoir déstabiliser tous ces gens qui prétendent oeuvrer pour notre bien, ils ne comprendront pas pourquoi nous pouvons continuer à rire et être heureux malgré leurs exactions.
   Laissons nous emporter par un optimisme benoît, opposons une béatitude euphorique aux affligeants calamiteux qui dirigent le monde. Seul notre bonheur rayonnant nous permettra de triompher de cette morosité que prétendent instituer les rois de l'enrichissement, nous serons alors les nantis, nous les rendrons malheureux de nous voir si radieux, ils comprendront que leur argent ne fera pas leur bonheur, ils envieront notre bienheureuse pauvreté et, peut être, comprendront ils où est la vraie vie.
   Notre joie exhibée fera de nous des privilégiés face à ces aigris désespérés grognons d'infortunés riches, qui jamais n'en ont assez, donnons une leçon de savoir vivre à tous ces mal éduqués. Leur quête de richesses matérielles deviendra dérisoire face à tous ces bonheurs ouvertement affichés, nous ferons la prospérité de l'humanité par la richesse de notre belle humeur, nul besoin d'argent pour rire, être heureux ne s'achète pas.
   Je sais que les plus révoltés d'entre nous me trouveront dérisoire avec mes idées loufoques, mais leur mécontentement n'a mené à rien jusqu'à ce jour, alors que l'humour ravageur de comiques comme messieurs Desproges, Le Luron ou, mieux encore , Coluche a fait trembler les pouvoirs de l'époque. Rions de bon coeur, les amis, rendons à leur dérision tous ces vantards qui veulent faire leur bonheur en se nourrissant de nos malheurs. Nos rires, s'ils sont sincères, feront trembler les murs de leurs forteresses jusqu'à les fissurer, voire les faire tomber, les entraînant dans leur chute, ils tomberont de leurs piédestaux nous rendant libres de rire plus encore.
   Voilà, c'est simple comme programme et, si ça ne marche pas, au moins aurons nous bien ri!

J'aime les combles.



   La coupe est pleine, j'étais à court d'imagination pour le titre de ce soir, j'ai donc fait appel à ma Muse préférée, mon inspirée Amoureuse qui me comble de ses bienfaits Amoureux, a comblé mes lacunes. L'aménagement de notre chambre dans les combles me met au comble de mon inspiration et c'est au comble de la joie que j'entame ce texte.
   J'ai failli sécher sur le grenier, ce qui est mieux que de sécher dans le grenier, mais c'eut été un comble. Il faut que je vous dise que c'est un lieu privilégié de la maison, la charpente y est parfaitement visible et le restera en partie après les aménagements que nous allons y opérer. Nous procéderons à un comblement de certains espaces, mais ce n'est que pour mieux mettre le reste en valeur, d'une simple mansarde nous ferons un nid douillet qui portera les combles au comble de la beauté. Nous laisserons éclater notre bonheur à l'apogée de la maison, cela comblera nos coeurs de joie et d'Amour, même s'ils sont déjà au zénith.
   Le comble de l'histoire est que je suis comblètement, euh, complètement fou d'Amour pour ma Cathy, je suis au pinacle de l'Amour, mon coeur est comblé, j'ai atteint le paroxysme Amoureux! Mais il n'y a pas de trop plein dans notre union, nous éprouvons les mêmes sentiments tous les deux, c'est donc logique que nous emménagions dans les combles, notre complicité y sera à son comble! Combien il est doux de combiner ainsi deux êtres, une telle complicité ne peut s'épanouir que sous les combles, pas dans les décombres d'une ruine, mais dans une maison comble d'amis complices.
   Ceci n'est pas une complainte, ce serait le comble et je me complais à écrire ces lignes pour vous complaire, enfin je l'espère. Certes mon art n'est pas à son comble, il n'atteint pas des sommets, mais je ne veux que combler vos lacunes par des lignes succinctes, écrites avec simplicité, mais j'ai beau chercher de fond en comble, je ne trouve pas d'autre idée.
   Bon, vu que ce texte s'annonce court, je vais le compléter par le comble de l'économie selon Alphonse Allais: "coucher sur la paille que l'on voit dans l'oeil du voisin et se chauffer avec la poutre que l'on a dans le sien"!
   Allez, la mesure est comble, alors comblez mon désir en arrêtant votre ordinateur, maintenant!

J'aimerais aller m'éclater à Winnipeg.



   Le message de ce soir est à caractère personnel, les personnes concernées se reconnaîtront d'elles même. Ce sont des raisons professionnelles qui les poussent à aller là bas et si, au début, je me suis réjouis de savoir que des amis allaient vivre au Canada, vu que j'adore ce pays, j'y voyais une opportunité d'aller enfin le visiter. Mais, depuis l'annonce de leur départ pour ce lieu de magie et de grands espaces, j'ai eu le temps de me renseigner un peu.
   C'est loin, très loin Winnipeg, c'est isolé, très isolé Winnipeg et, cerise sur le gâteau, ça coûte horriblement cher d'y aller. Certes, ils ont un aéroport à Winnipeg, mais je ne suis pas certain que des avions acceptent de s'y poser! De novembre à mars, les températures sont négatives, voire très négatives, en fait tout est très à Winnipeg, peut être même trop!
   C'est une ville située en plein milieu du Canada, entourée de forêts où les caribous et les grizzlis pullulent, bordée par deux grands lacs, où il doit faire bon se baigner, une fois la glace brisée, bien sûr! En tout cas, il vaut mieux glisser ses patins à glace dans les draps de bain, quoique, renseignement pris, il semble qu'il y ait quelques jours de l'année où les températures sont positives, mais, apparemment, ce n'est que pendant la saison des pluies!
   Bon, l'avantage est que c'est le Canada, "tabernacle!", on ne va pas se laisser démoraliser par de petits obstacles, nous pourrons aller visiter Montréal, il n'y a que...deux mille cinq cent kilomètres à parcourir! Mais quels paysages grandioses s'offriront aux regards ébahis des petits Français que nous sommes, tout est gigantisme dans cette Amérique du nord, très du nord, je vous l'ai déjà dit je crois, tout est très dans ce pays.
Les plus casaniers pourront aller voir la côte du Pacifique, il n'y a que vingt huit heures de route, ce n'est rien à l'échelle de ce lieu de démesure. En dernier recours, il reste la baie d'Hudson, elle n'est qu'à mille kilomètres, après les deux lieux précédents, autant dire que c'est de la proximité immédiate!
   Oui, j'aimerais aller m'éclater à Winnipeg, pas de doutes, mais, finalement, je crois que je vais laisser ça à mes deux courageux amis. A charge pour eux de nous envoyer les cartes postales qui, quand elles arriveront, dans deux ou trois ans, nous donnerons l'envie irrépressible de les aller visiter, nous leur apporterons des fruits exotiques, des pommes et des poires, ainsi que des légumes frais et non congelés. D'ici là, faisons leur confiance, ils auront bien tué deux ou trois ours, nous pourrons nous faire des vestes...polaires!!!
   Voilà, un petit message un peu moqueur, mais ce n'est que pour mieux vous souhaiter bonne route et beaucoup de bonheur dans votre nouvelle vie mes chers amis. A bientôt, je l'espère.

samedi 21 janvier 2012

J'aime le marteau piqueur.



   Encore une histoire de chantier mais que voulez vous, la rénovation de notre nid d'Amour me prend beaucoup de mon temps et limite mon champ d'investigation. Ce soir, je veux vous parler d'un outil dont j'ai fait la connaissance en ce jour, le marteau piqueur alias "brise béton"!
   Il faut que je commence par vous dire qu'il y a peu, j'ai passé deux semaines à casser du béton avec une burineuse, qui est un bébé marteau piqueur, ce fut une corvée longue et épuisante. Aussi, quand notre cher maçon m'a dit qu'il fallait que je casse le seuil du garage que nous allons transformer en cuisine, mon sang n'a fait qu'un tour, vingt à vingt cinq centimètres de béton très dur. Je regarde la bande cimentée à détruire, je regarde ma burineuse, qui, pour lors, me paraît ridiculement petite et je me mets à me lamenter et à pleurer: "ce sera ma dernière contribution à l'avancement des travaux, après, je serai mort!"
   Heureusement, ma chère Cathy, passant par là, émue de mon désarroi, me dit qu'il doit bien exister une solution plus radicale de venir à bout de cette terrible corvée. Me rassérénant quelque peu, je me mis à réfléchir, ma première pensée allait à Fleuriquette, mon fidèle canon, un soupçon de raison m'effleura (logique pour un Fleuriquet), "trop radical" me dis je.
   C'est alors que je me souvins que ma burineuse avait un papa, Le marteau piqueur! Mon irrésistible Amoureuse se ruait sur internet afin de trouver un lieu où louer le magnifique outil. J'ai vraiment de bonnes raisons d'être piqué d'un Amour qui me rend marteau pour cette femme jamais à cours de recours. Nous trouvâmes l'objet de nos recherches et, ce matin, nous étions sur les lieux d'une possible location de ce broyeur patenté de béton.
   De retour sur le chantier, je me mis aussitôt à l'ouvrage et là, ô bonheur suprême, ô joie profonde, le seuil qui, précédemment, me causait tant de tracas vola en éclat, en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, tout était brisé, anéanti, réduit à l'état de petits morceaux de béton. Certes, l'engin est lourd, il vibre beaucoup et est très bruyant, mais quelle efficacité! Je pus toiser le maçon, qui arrivait avec une masse, pensant me rendre service, je le renvoyais aux calendes grecques avec son petit marteau qui, pour le coup, ressemblait à un maillet!
   Bon, évidemment, après un tel coup d'éclat je ne voulais pas m'arrêter en si bon chemin, je me mis en quête d'autres morceaux de bétons à casser. Cela devient vite une drogue, je trouvais un autre seuil que j'attaquais allègrement avec mon nouvel ami, le seul problème est que la couche de béton était très fine et, qu'en dessous se trouvait une pierre de seuil en bon granit. Pouvais je savoir qu'un outil, surnommé "brise béton", s'attaquait aussi à la pierre et avec la même facilité!
   Voilà, j'ai arrêté là mes délires vibratoires, nous avons ramené le marteau piqueur à son lieu d'origine, mais je n'ai pu m'empêcher d'avoir le coeur brisé au moment de le rendre, c'est attachant un tel outil. Tant pis, demain je reprendrais ma modeste burineuse, mais rien ne sera jamais plus pareil, je pourrais piquer un marteau mais cela ne me fera pas vibrer!

J'aime la galette des rois.



   Quel bonheur, en ce mois de janvier, nous pouvons tous être rois, il suffit de se gaver de ces délicieuses pâtisseries pour devenir le maître, jusqu'au lendemain, voire plus si l'on omet d'en racheter une. Autre avantage non négligeable de cette tradition, il n'est nul besoin d'être bien né, il suffit de se casser les dents sur une fève!
   Il faut avouer que la religion catholique offre des moments particuliers, entre Noël qui permet aux enfants d'être couverts de cadeaux et l'épiphanie qui permet aux parents d'être couverts d'une couronne dorée (il suffit, en effet, d'offrir la fève à l'enfant le plus capricieux pour qu'il laisse passer le titre suprême!!!). Nous voici rois en notre maisonnée, quel privilège, nous pouvons ordonner et faire des caprices, nous sommes enfin les maîtres. Bon, d'accord, il faut débarrasser la table et faire la vaisselle, mais royalement, ce n'est pas rien.
   Nous devenons alors les rois du nettoyage, revêtus de notre royal attribut, une magnifique couronne, la seule que nous ayons eu jusque là était dentaire, à force d'abuser de galettes d'ailleurs! Tandis que là, la tête sertie de cet anneau d'or, nous régnons sur un royaume qui, pour être petit, n'en est pas moins le notre, la couronne est un symbole d'autorité, même si nous devrions avoir un sceptre pour taper sur la tête de nos enfants qui ne respectent plus rien, la faute à la révolution française.
   Imaginez le sentiment de puissance que devaient éprouver nos ancêtres d'avant 1789! Être le roi, à l'époque, devait monter à la tête et laisser croire à l'heureux élu qu'il pouvait tout se permettre. Certes la fève était ce légume aujourd'hui méconnu, mais le port de la couronne donnait de la valeur à son détenteur. Aujourd'hui, c'est tout l'inverse, il vaut mieux avoir la fève que l'attribut royal, mais peu importe puisque nous mangerons plusieurs galettes dans le mois, ce qui compte, finalement, c'est de pouvoir se gaver de pâtisserie sans complexe.
   En cette période de crise, sans doute préférerions nous que la galette se transforme en argent sonnant et trébuchant, il serait préférable de partager la galette d'un roi que de manger la galette des rois! Car, s'il y a du blé dans la galette, ne vaudrait il pas mieux le palper que le manger? Si la couronne est dorée, elle reste en carton et n'a de valeur que morale et comme nos enfants n'en ont plus, elle ne vaut pas plus cher que la galette qui nous a permis de la ceindre!
   Tout ça n'est pas très grave, l'important est que perdure la tradition biblique de rendre hommages aux rois mages, il n'y a pas de quoi en faire un fromage, sinon la galette contiendrait des asticots plutôt que des fèves! Là, je ne suis pas sûr que nous aurions conservé l'habitude de partager le camembert autant que la galette!

J'aime les polygraphes.



   Non, il ne s'agit pas d'une nouvelle invention de votre Fleuriquet préféré, mais, bel et bien, d'un mot qui existe, il a deux sens. D'abord c'est un appareil qui enregistre des valeurs physiologiques (par exemple un détecteur de mensonges), mais il peut être aussi un auteur qui écrit sur des sujets variés. Il n'est nul besoin d'un polygraphe pour me déclarer polygraphe!
   C'est vraiment le hasard qui m'a conduit à découvrir ce mot puisque mon intention première était d'écrire sur les polyglottes qui ne sont pas des personnes avec plusieurs glottes, je tiens à le préciser. Mais je suis tombé sur ce mot qui m'a séduit d'emblée, voilà tout l'intérêt d'utiliser un dictionnaire papier plutôt que de céder à la facilité d'internet! Il faut savoir faire des recherches pour être polygraphe!
   Alors, évidemment, "qui trop étreint, mal embrasse", ce n'est pas vrai qu'en Amour, pour l'écriture aussi cet adage fonctionne, mais je n'ai jamais eu la prétention de croire que je détenais la vérité. Il n'est nul besoin de me passer au détecteur de mensonges pour savoir que mes sujets sont, parfois (qui a dit souvent?), traités à la légère  et que je ne suis pas un écrivain au sens propre du terme, tout juste suis je un touche à tout. Mais je reste l'auteur  de ces écrits qui partent en tous sens, jusqu'à n'avoir plus de sens.
   Cependant, je fais preuve d'une certaine éducation et ne suis, quasiment, jamais insultant, donc j'écris et je reste courtois, je suis un poli-graphe. C'est mieux que rien, j'ai la prononciation, si je ne suis pas vraiment un polygraphe, j'en suis un homonyme, un homophone devrais je dire, je suis alors un polygraphophone! Ce qui ne veut pas dire que je connais la musique.
   Dire que je pensais écrire sur les polyglottes, remarquez je n'en suis pas si loin que ça, finalement, un polygraphe est une forme de polyglotte de la pensée. D'ailleurs j'ai la preuve que je suis lu dans plusieurs pays étrangers, mon langage est donc universel, enfin je veux le croire, j'ai essayé de me lire en allemand, je ne suis pas sûr d'avoir relu un de mes textes! Je crois que là, je reste un simple polyglophe, c'est à dire que je n'existe pas, puisque le mot n'est pas répertorié.
   Bon, cela ne m'empêche pas d'aimer les polygraphes et de continuer à me croire l'un des leurs, même si les noms de mes prédécesseurs sont très connus et que leurs écrits ont du sens et sont fiables puisqu'ils sont étudiés. Mais ces auteurs sont d'époques lointaines, j'ai donc l'espoir que mes écrits feront l'objet d'études approfondies, dans 200 ou 300 ans!!!

vendredi 13 janvier 2012

J'aime les cheminées.



   Quoi de plus logique puisque j'aime la fumée, qu'il n'y a pas de fumée sans feu et que le feu se fait dans une cheminée. Dans notre magnifique maison, nous pensions n'avoir que trois cheminées fonctionnelles, l'une en état de fonctionner, la deuxième à remettre en fonction après des décennies de non utilisation et la troisième qui menaçait de s'effondrer ( elle est réparée, je vous rassure).
   Hier soir, après avoir fini de démonter les derniers vestiges encombrants de celle de la cuisine, ma chère et tendre Amoureuse, Cathy, me demanda d'aller dans la future chambre d'amis pour casser les briques de parement de la quatrième cheminée que nous pensions d'apparat. Quelle ne fut pas notre surprise quand, sous les coups de marteau, nous avons découvert une magnifique cheminée en granit et en parfait état de marche de surcroît!
   C'est l'un de ces moments de grande joie de la rénovation, encore une bonne surprise. Une quatrième cheminée, nous allons pouvoir en faire de magnifiques flambées, du feu à tous les étages, ou presque! C'est là que m'est venue une idée un peu encombrante, une espèce de sentiment bizarre que ce n'était pas forcément une si bonne nouvelle que cela. Je mettais un petit moment à comprendre cette gène qui se faisait jour dans mon esprit.
   Tout à coup, je compris le pourquoi de ce frein à mon allégresse, pour alimenter le feu il faut du bois et là, c'est multiplié par quatre! Quatre cheminées à nourrir, quatre feux dont il faudra nourrir le brûlant appétit et c'est qui qui va se faire la corvée de bois? J'ai eu beau chercher, je ne vois pas d'autre victime possible que moi même, enfer et damnation m'exclamais je par devers moi, ça va en faire du bois à rentrer et à stocker! Il va me falloir me transformer en bûcheron, ça ne me laisse pas que de bons souvenirs ( cf. "J'aime les arbres), finalement, trop de bien ne nuirait il pas?
   Bon, une cheminée dans une chambre, c'est plutôt dangereux, vous ne trouvez pas? Et puis une cheminée dans un salon avec un magnifique parquet, ce n'est pas recommandé, la fumée, les émanations de suie et autres désagréments vont nuire à la qualité de la pièce, vraiment il serait plus raisonnable de ne pas faire de feu dans ces deux pièces. Pour ce qui est des deux autres cheminées, je dois dire que vouloir cuisiner au feu de bois paraît bien désuet à l'époque des plaques à induction, je veux bien être un moyenâgeux passionné, mais sur les camps de reconstitution, c'est amplement suffisant.
   Voilà, nous ne garderons que la dernière cheminée et encore, uniquement pour des feux d'apparat, juste quand il y aura du monde, histoire de "flamber" un peu devant les amis. Oui, c'est mieux ainsi, finalement je n'aime que LA cheminée, c'est suffisant!

J'aime la curiosité.



   Pourquoi? Vous exclamerez vous, mais tout simplement parce que! Quelle autre raison pourrait exister, c'est de la simple curiosité, une saine et heureuse curiosité. Il faut juste avoir envie de savoir, pour le plaisir de la culture générale.
   Chacun d'entre nous a une spécialisation, une connaissance précise des métiers que nous pratiquons, de la passion qui nous anime, voire des études que nous avons commises. Il n'existe rien de plus gratifiant que de pouvoir communiquer son savoir et qui peut mieux s'intéresser à nos centres d'intérêts que le curieux? N'en déplaise à nos aïeux, la curiosité n'est pas un vilain défaut, c'est, tout au contraire, une grande qualité. Le curieux doit développer un grand sens de l'observation et être à l'écoute, c'est donc quelqu'un d'attentif et de respectueux.
   Il est un boulimique du savoir, un avide de réponses, il a un appétit insatiable de connaissances, même si cela en fait un indiscret. Mais il ne faut pas prêter de mauvaises intentions aux curieux, c'est leur soif d'apprendre qui les rend, parfois, insupportables. Chaque réponse apportée à une question déclenche une avalanche d'autres questions, mais elles sont souvent justes, seule l'impatience rend les gens aigris et entraîne une réaction de rejet du curieux.
   "A l'origine de toute connaissance, nous rencontrons la curiosité! Elle est une condition essentielle du progrès", j'ai choisi cette citation d'Alexandra David Neel car elle résume bien ce qu'est cette façon, presque enfantine, de chercher toujours plus loin pour avancer, qui, plus que les enfants, est curieux? Il faut avoir gardé son âme d'enfant pour faire preuve de curiosité, oser poser des questions qui, immanquablement, nous font passer pour des naïfs. Mais la naïveté n'est elle pas le passage obligé pour celui qui prétend apprendre, nous sommes tous les naïfs de quelqu'un.
   Certes, les curieux sont souvent de curieux personnages, mais ce n'est que logique. Dans notre monde où tout semble être évidence, plus personne ne sait rien du tout, mais sait tout du rien, sauf notre curieux qui pose ses naïves questions et qui, se faisant fi des quolibets, assume ses méconnaissances. La curiosité rend humble.
C'est leur rareté qui fait la valeur des curieux, ils sont les plus utiles de nos contemporains car leurs questions obligent à réfléchir, ce qui est le début de la désobéissance, chemin d'accès à la connaissance, demandez à Adam et Eve!
   Voilà, je ne vais pas vous retenir plus longtemps, vous avez certainement des questions à poser à quelqu'un qui possède un savoir auquel vous aimeriez avoir accès, car si vous n'étiez pas curieux, que feriez vous sur ce blog?

J'aime l'inspiration.



   Je veux parler, bien sûr, de ce moment où l'on fait entrer une grande bouffée d'air frais dans ses poumons, cet instant régénérant de l'esprit et du corps. Nous pouvons y puiser un nouveau souffle qui nous permet d'avoir une impulsion salutaire pour continuer à être vivant, à aller de l'avant.
   Nous profitons, grâce à l'inspiration, d'un apport d'oxygène qui, en provoquant une exaltation de nos sens, nous permet une illumination de notre imagination, nous inspirant de nouvelles envies, de nouvelles idées et nous rendant créatifs. L'inspiration inspire, c'est un fait avéré, mais je ne suis pas certain que l'aspiration aspire, ni même que l'expiration expire, par contre, la respiration respire, mais je m'écarte du sujet.
   L'inspiration est aussi le souffle créateur qui me permet d'écrire des textes, parfois peu inspirés je vous l'accorde. De temps en temps cependant, jaillit une lumière vive qui éclaire mon cerveau et ce ne sont alors plus mes doigts seuls qui écrivent, mais ils restent les plus créatifs, ils m'inspirent le plus grand respect, je dois bien le dire. Quand l'enthousiasme les emporte dans leurs délires, je ne puis que les exhorter à continuer, de toute façon ils font preuve d'une telle indépendance que je me demande parfois s'ils ne sont pas plus possédés qu'inspirés!
   En attendant, cela me semble une bonne inspiration de leur laisser l'initiative de l'écriture tant leur verve est pleine de talent. Je n'aspire pas à autre chose que ces petits textes imaginatifs et, parfois, illuminés par une influence surnaturelle. Il faudra bien qu'un jour je trouve une explication à cette indépendance de mes doigts, si je ne veux pas devenir dépendant de leurs inspirations qui, parfois, ne manquent pas d'air.
   Je reste convaincu, malgré tout que ma principale source d'inspiration reste ma Muse, mon éternelle Amoureuse qui, par les joies qu'elle m'apporte, permet à mon esprit de s'envoler très haut dans les limbes inspiratrices et d'y avoir d'heureuses inspirations. Elle me donne un souffle nouveau qui n'est pas que du vent ( n'en déplaise à G.K Chesterton!!!).
   Voilà, je ne vais pas vous pomper l'air plus longtemps, je ne voudrais pas que mes inspirations vous coupent le souffle, vous seriez asphyxiés et ne pourriez plus me lire! Je vous laisse, je vais m'aérer les neurones pour qu'ils ne manquent pas d'air.

mardi 10 janvier 2012

Regardez moi dans les yeux!



   Je viens de remarquer, en ce jour, que cette expression était complètement déplacée, voire insensée, nul ne peut regarder quelqu'un dans les yeux. J'en ai fait le constat ce matin, mieux vaut tard que jamais, quand, tendrement enlacé dans les bras de mon irrésistible Amoureuse, je remarquai le manège de ses magnifiques yeux, ils oscillaient de mon oeil droit à mon oeil gauche, à moins que ce ne soit l'inverse. Mais le fait est là, nous n'arrivons pas à regarder quelqu'un dans les deux yeux en même temps!
   Je n'ose imaginer la déception que vont éprouver les tyrans du monde entier en apprenant cette terrible vérité, tous les professeurs, patrons, hommes et femmes politiques ainsi que les parents sévères. "Regardez moi dans les yeux quand je vous parle!", nous ne le pouvons ô grand maître, nul ne le peut, c'est physique, ce n'est pas de la mauvaise volonté ni même, de l'effronterie, ce n'est qu'un défaut de la nature! Nous ne pouvons voir qu'un seul oeil à la fois, ce sont les borgnes qui vont se réjouir, encore faut il les regarder dans le bon oeil!
   Heureusement que je veille au grain, encore une expression qu'il va nous falloir Fleuriquetiser, "regardez moi dans l'oeil", certes elle va perdre en force puisque, invariablement, suivra la question: "dans lequel?" On pourrait y remédier en tournant l'expression autrement, regardez moi droit dans l'oeil, mais, si l'interlocuteur est sourd ou même malentendant, il pourrait se méprendre et nous mettre le doigt dans l'oeil, là encore suivra l'inénarrable question: "dans lequel?"
   Bon, nous pouvons tenter de parler les yeux dans les yeux, chaque oeil étant animé d'une espèce de danse de saint Guy, ce sera alors un ballet plus qu'une conversation. Les yeux se cherchant vont se croiser, cela deviens louche, on voit ainsi quatre yeux ce qui rend encore plus difficile de se regarder dans les yeux! "Je vous ai à l'oeil", semble dire notre interlocuteur, interloqué nous ne pouvons que répondre "mais je ne suis pas gratuit!"
   En même temps, je ne puis dire que je coûte les yeux de la tête, et, si je n'ai pas froid aux yeux, je crains d'avoir eu les yeux plus gros que le ventre avec ce sujet. Vous n'aurez plus les yeux de Chimène pour mes textes, déjà que vous n'aviez pas toujours les yeux en face des trous, arrêtez de les rouler comme des merlans frits, mes écrits ne sont pas que de la poudre aux yeux!
   Pour finir, je dirai que, finalement, seule la patate est en droit de dire: "regardez moi dans les yeux"!

J'aime chercher la grosse bête.



   Comment résister, après mes investigations d'hier, il me fallait savoir ce qu'il en était des animaux autres que les insectes, je décidais donc d'aller à la rencontre de quelques uns d'entre eux. Je me lançais en quête d'animaux divers afin de les sonder et savoir si, à l'instar des insectes, les représentants de la gent animale sont aussi en pleine évolution, voire révolution!
   Je commençais par mon jardin, j'y rencontrais un hérisson qui me mit la puce à l'oreille, en effet, imaginez ma surprise lorsqu'il me dit qu'il voulait devenir ramoneur! Le prenant à son jeu, je lui dis qu'il tombait bien, je suis à la recherche d'un représentant de cette profession, vous me croirez si vous voulez mais il est à l'oeuvre depuis, je crains, cependant, qu'il ne mette longtemps à venir à bout de la suie. Laissant là le courageux érinaceus, je reprenais le cours de mes investigations, je trouvais un pinson qui, perché sur une branche, avait l'air bien triste, à ma question sur son état d'esprit, il me répondit qu'il voulait devenir pince mais que nul ne le prenait au sérieux. Je lui fis remarquer que, vu son état d'esprit, il pouvait prétendre à devenir pince sans rire, vexé il s'envola derrière une femelle pour qui il en pinçait.
   Interpellé par ces deux exemples, je sortais de mon jardin pour élargir mon champ de recherche, je croisais trois chats qui, dans un fabuleux ensemble, se dandinaient dans la rue. Je leur demandais les raisons de leurs déhanchements, ils me répondirent qu'ils faisaient de la publicité pour leur école de cha cha cha! Puis ce fut le tour d'un chien qui cherchait désespérément un fusil pour mettre le feu aux poudres. Surgit alors un ver qui était à la recherche d'une bouteille de vin qui puisse le remplir car il voulait être toujours plein!
   Convaincu que le monde animal était en pleine folie, j'en appelais à l'un de mes amis éléphant volant pour lui demander son avis. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'il me demanda de passer à son magasin car il était trop occupé, je vous le donne en mille, il vend de la vaisselle, il est devenu l'éléphant dans le magasin de porcelaine! Il héberge une souris qui veut se vendre comme matériel informatique, elle voisine avec un lapin qui n'honore jamais ses rendez-vous car il aime voir les gens faire le pied de grue!
En quittant les lieux, je tombais nez à bec avec un canard qui prétendait se mettre à la musique car il en avait marre qu'on le trempe dans les verres d'alcool.
   Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder mon vase, je déployais mes ailes et m'envolais dans les cieux afin de tranquilliser mon esprit, là ce fut un aigle qui voulait "éclile" anonymement mes textes à ma place! Il me fit perdre pied ce qui, en plein ciel, ne pardonne pas, je perdais conscience pendant la chute et me réveillais dans mon lit, ouf, cela n'était donc qu'un rêve. Je me levais et ouvrais ma fenêtre en grand, afin de prendre une grande bouffée d'air quand un corbeau vint se poser face à moi pour me demander si je n'avais pas besoin de soutien.
   Depuis, je me suis recouché et je crois que je vais faire le lézard jusqu'à ce que je me sente mieux!

J'aime chercher la petite bête.



   Il n'y a plus de saisons, ce n'est pas un lieu commun mais le constat d'une réalité, il fait, en ce mois de janvier, à peu près le même temps que l'été dernier, à peine plus frais. La nature y perd son latin et les animaux sont déréglés par ces variations climatiques, surtout les insectes.
   Il y a quelques jours à peine, alors que je taillais mes rosiers, j'aperçus une mouche, une simple mouche mais en plein hiver! Ma curiosité fut mise en éveil par cette rencontre impromptue, je décidais de laisser là mon sécateur pour pousser plus avant mes investigations entomologiques. J'affûtais mon regard (entendez par là que j'ai remis mes lunettes!), je concentrais mon attention, me penchais sur les détails de ce lieu de vies qu'est un jardin.
   La première découverte surprenante fut, sans aucun doute, le nombre impressionnant d'insectes divers et variés que rencontra mon regard acéré, mais , signe des changements climatiques, beaucoup de ces derniers m'étaient inconnus. Et même, ceux d'entre eux que j'avais déjà rencontrés au cours de précédentes observations paraissaient n'être plus les mêmes.
   Ainsi ma première découverte fut une coccinelle qui roulait des mécaniques, se prenant pour une voiture, imaginez ma surprise quand elle s'envola dans une pétarade mécanique digne des plus bruyantes de nos automobiles! Puis, je vis un coléoptère collé aux pierres, refusant de décoller, malgré mes injonctions, il prétendait ne plus pouvoir se décoller  et demandait instamment que l'on change son nom en collé-aptère, puisque ses ailes ne pouvaient plus lui servir! Continuant mon enquête, quelque peu inquiet, dois je le préciser? Je tombais sur une colonie de fourmis qui fourmillaient formidablement, au point que j'en éprouvais des fourmillements dans les jambes, rien que de très normal me direz vous. Mais elles se déplaçaient en formant la lettre k, à ma question sur le pourquoi d'un tel comportement, elles me répondirent, dans un bel ensemble, qu'elles étaient les fourmis-k et qu'elles prétendaient ainsi investir toutes les cuisines de France! J'allais partir, un peu effrayé je dois bien le dire, quand une mouche se posa sur ma main, heureusement elle avait l'air d'être normale. Mais, lorsqu'elle se déplaça, je vis apparaître des petites tâches noires sur ma peau: "quel est encore ce sortilège", ne puis je m'empêcher de m'exclamer. La mouche me répondit sur un ton badin qu'il n'y avait là rien que de très normal puisqu'elle appartenait à l'espèce des mouches tâches, ainsi nommée parce que les humains les rasent!
   C'en était trop, je décidais de rentrer, complètement éberlué, voire apeuré, mais une autre surprise m'attendait quand je voulus changer de vêtements, ils étaient infestés de mites. Non contentes de faire des trous dans mes habits, elles se mirent à se moquer de moi avec une ironie mordante, je leur demandais de cesser leurs quolibets. Elles me répondirent qu'elles ne le pouvaient puisque appartenant à l'espèce des mites railleuses et qu'elles attendaient de pouvoir partir à la guerre!
   Voilà, j'ai réussi à m'en débarrasser en les mettant dans un avion en partance pour l'Afghanistan! Mais si ce ne sont pas là des preuves concrètes que le réchauffement climatique provoque des bouleversements dans la nature, j'en ferai appel aux "pas pillons", puisqu'ils ne volent pas!

J'aime sans raison.



   Aussi, a-t-on besoin de raison pour aimer? L'Amour est une déraison d'aimer, cela se suffit, puisque l'on peut aimer jusqu'à la déraison, je ne vois pas pourquoi il faudrait trouver une raison d'aimer. Je pourrais essayer de raisonner mon Amour, mais il perdrait en résonance, ce qui serait nuisible et dommage. La raison s'oppose à l'instinct et ne laisse plus de place à l'émotion, l'Amour étant une émotion instinctive, il ne peut supporter de raison!
   D'avoir perdu la raison me rend philosophe, ce qui veut dire qu'il faut être sans bon sens pour donner un sens à ce qui ne peut être raisonné, me voici en pleine divagation, errant sans but, logique puisque j'ai perdu la raison! Ne soyez pas surpris par ma haine des philosophes, elle n'est pas sans raisons à moins que vous n'ayez compris quelque chose à la phrase précédente.si vous pouvez y entendre raison plus que de raison, c'est que vous n'avez plus toute votre raison.
   Mais, si vous n'avez plus toute votre raison, c'est que vous êtes fous, j'espère pour vous que c'est d'Amour, c'est une bonne raison de devenir fou. En comparaison des philosophes qu'ont pas raison, vous seriez des fous de joie, n'ai je pas raison? Allons, vous devenez raisonnables, vous reprenez vos esprits, notre déraison a eu raison des philosophes.
   Bon, maintenant j'espère que vous avez compris que j'ai des raisons d'aimer sans raison, d'ailleurs qui ne connaît le célèbre adage: "l'Amour a ses raisons que la raison ignore". Sinon l'Amour ne serait pas une déraison, ce qui est pourtant une de ses définitions les plus raisonnables, l'Amour ne peut atteindre l'âge de raison, il ne peut y avoir de sagesse à aimer.
   Voilà, encore une fois, vous aurez compris que vous avez de bonnes raisons de continuer à me lire sans raisons, il suffit juste d'aimer sans raison des textes irraisonnés, mais pas forcément déraisonnables!

J'aime les moutons.



   Bon, après l'intermède d'hier, je peux reprendre le cours de mes élucubrations, je reviens à mes moutons en quelque sorte! Me voici donc à l'orée d'un nouveau texte qui ne veut rien dire, je peux bien vous le dire, le titre n'a été choisi que par le plus grand des hasards. Il est vrai que je n'aime que les pulls en laine et que j'adore les côtelettes mais ce sont bien les seuls points d'accroche qui me lient aux ovins.
   Pourquoi les moutons? Parce que c'est le premier mot qui m'ait traversé l'esprit au moment d'écrire. Alors je vais tenter de vous convaincre que l'on peut aimer ces animaux à poils laineux, qui bêlent pour s'exprimer et qui ont la réputation d'être assez idiots pour suivre le premier venu.
   Ils vivent en troupeau, sont gardés par des bergers qui les mènent où ils le veulent, quand ils le veulent. Le mouton est un animal débonnaire qui ne subit pas les évènements puisqu'il ne fait que suivre son troupeau, il se contente de rester dans le rang. Parfois, l'un d'entre eux clame son indépendance, mais, comme le dirait mieux que moi Jean de La Fontaine, il est très vite dévoré ou perdu, s'il n'est pas dénoncé par ses petits camarades qui se comportent en sycophantes.
   Car le mouton est un délateur zélé de ceux qui ne suivent pas le troupeau, il a peur de l'inconnu, son champ d'action est très limité, une prairie, des barrières suffisent à son bonheur, pourquoi aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte, ici la vie est si bêêêêlle!!! Alors ils se font fi des aventuriers et autres originaux qui prétendent aller chercher fortune en des lieux autres ou de façon originale, de toute façon, ils se feront tondre d'une manière ou d'une autre.
   Ces énergumènes ont tôt fait de devenir les moutons noirs du troupeau, ils seront tenus à l'écart, comme des pestiférés, car le vrai mouton se doit d'être crédule et d'humeur toujours douce. Il convient surtout de ne pas devenir le mouton à cinq pattes, le farfelu, le phénomène de foire, rester dans le rang et ne surtout pas faire de vagues. Pourtant, la crête de ces dernières est appelée du même nom, ainsi que les petits nuages qui parsèment le ciel d'été, on mouton peut devenir une source de rêve et de voyage.
   Voilà, ce doit être pour ces deux dernières raisons que j'aime les moutons, ils embellissent le bleu de la mer et celui du ciel, apportant des nuances qui, pour être discrètes, n'en sont pas moins utiles à signaler la beauté du monde. Alors je peux rêver en oubliant tous les moutons, les suiveurs tristes de la masse, j'aime les moutons s'ils ne sont pas ceux de Panurge!

J'aime les anniversaires.



   Bon, comme c'était une bonne résolution d'écrire des textes qui ne disent rien, je peux allègrement déroger à la règle. Il faut dire que j'ai une bonne raison pour me justifier, demain est le jour anniversaire de mon fils, puis je lui faire un cadeau insensé? C'est par lui et ses deux soeurs que j'aime les anniversaires, même si les leurs me font plus ressentir mon vieillissement que le mien.
   L'idée que mes enfants grandissent m'est très heureuse car je les vois évoluer vers leur envol du nid, ce qui est déjà une réalité pour ma grande Louise, et de se dire qu'ils ne sont pas trop mal préparés, mais le principal concerné de ce jour a encore le temps, Tristan aura quatorze ans demain, il entre définitivement dans l'adolescence. Sa voix a déjà commencé sa mue, vous savez, cette oscillation entre les aigus de l'enfance et les graves de l'âge adulte, il n'a pas encore d'acné mais je fais confiance à dame nature pour lui faire comprendre que pour fleurir, une fleur doit avoir des boutons!
   Mon cher mâle héritier rentre de plein-pied dans la période de transition qui fera de lui un homme, c'est la dernière ligne droite, mon fils, il faut que tu en profites bien. Tu peux encore faire l'enfant, mais plus pour très longtemps! Tes regards vont porter plus loin, tes pensées vont évoluer ainsi que tes façons d'être et d'agir. Garde toi, cependant, de te croire un homme trop tôt, tu restes fragile et naïf, tu auras encore besoin des conseils parentaux, même s'ils vont te paraître de moins en moins éclairés et de plus en plus en décalage avec tes idées.
   Ce qui importe, c'est de rester aussi gentil et aimable que tu l'es, il ne faut pas que tu te laisses aller à la haine gratuite de tout ce qui t'entoure, de tous ceux qui t'entourent. L'âge auquel tu arrives est, certes, ingrat de bien des façons mais ce n'est qu'une étape dans ta mue, arrange toi pour qu'elle ne laisse pas de traces négatives dont tu pourrais te mordre les doigts dans le futur. Il faut continuer de croquer la vie à belles dents, sans te soucier des autres, ceux qui te pousseront à agir comme un insensé, ceux qui émettront des avis péremptoires sur tes actes et tes idées. Tous ces gens que l'on retrouvera aigris à l'âge adulte parce qu'ils n'auront pas su exploiter l'enrichissement de la période dans laquelle tu entres.
   C'est un bel âge que le tien, quatorze ans et toute la vie devant toi, mon fils adoré, c'est l'âge des choix, c'est l'âge des décisions, tu grandis Tristan, oserai je encore t'appeler mon Titi? Si, je vais continuer puisque tu es et seras toujours mon Titi! C'est juste que tu ne seras plus mon petit Titi, mais mon grand Titi!!!
   Voilà, mon fils aimé, ce texte est ma façon originale de te souhaiter un joyeux anniversaire, tu auras d'autres cadeaux, mais j'espère que ces quelques lignes t'iront droit au coeur et qu'elles resteront dans tes souvenirs comme un cadeau offert de très bon coeur par ton papa qui t'aime très fort, je t'embrasse d'autant plus fort que tu ne piques pas encore!!!

J'aime les hurluberlus.



   Il ne faut pas remettre au lendemain ce que l'on peut faire le jour même dit un célèbre adage, donc acte! Suite à mes bonnes résolutions de tout à l'heure, j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes, quel titre peut mieux lancer une année de textes insensés que celui ci?
   Je suis contraint de devenir un farfelu loufoque si je veux pouvoir faire preuve de constance dans ma volonté nouvelle d'écrire bien sur rien! Je vais me transformer en hurluberlu, ainsi je n'aurai plus à justifier l'extravagante fantaisie de mes écrits. Rassurez vous, je ne commettrai aucune prédiction, je ne parlerai pas de politique non plus, pas même d'avancées scientifiques, ces sujets se suffisent à eux même et n'ont nul besoin d'interprète pour justifier de leur vaine folie, de leur puérilité et de leur inutilité.
   Je dois écrire de façon irréfléchie afin de rendre mes textes évanescents, qu'ils se diluent dans les esprits pour être oubliés sitôt que lus. Ce n'est, certes, pas une tâche aisée, car s'il est avéré que l'on peut parler pour ne rien dire, il n'en va pas de même pour l'écriture, tous les gens de plume tentent de faire dire à leurs textes ce que leurs langues ne sauraient exprimer. Il faut prendre le contre-pied des idées reçues, faire en sorte qu'à la fin du texte, rien n'ai été dit, même si tout aura été compris.
   Je vais donc écrire sur rien, ce petit mot de quatre lettres qui n'a pas de sens puisqu'il signifie le néant, il est d'ailleurs donné pour un pronom indéfini par le dictionnaire! Il n'a pas de définition propre, il doit toujours être associé pour signifier quelque chose, ce n'est pas rien d'être rien mais nous n'en sommes pas loin, il est, en tout cas, peu de chose, c'est un petit rien, mais pas un rien du tout, mais je ne dirai rien de plus.
   Rien ne me vient à l'esprit pour parler de rien, je ne fais que penser à rien, mais il n'en sort rien de bien, il  faut que rien ne m'arrête si je veux pouvoir écrire en un rien de temps sans passer pour un rien du tout! Ce serait une bêtise que de croire que ce mot n'est qu'une babiole, son insignifiance peut tout signifier, quand bien même elle ne signifie rien, tout est dit!
   Voilà, c'est un petit texte de rien du tout mais c'est mieux que rien du tout! Mais rien ne m'empêchera de revenir pour ne rien vous dire, d'ailleurs je ne vous dirai rien du prochain texte, vu que je ne sais rien du titre ni du sujet. Je vous laisse mais rien ne vous oblige à partir aussi et n'hésitez surtout pas à revenir, même si c'est pour...rien!

J'aime les bonnes résolutions.



   C'est de saison, le titre était donc facile à trouver! Mais qu'en est il vraiment des voeux pieux que tout un chacun peut faire à l'occasion de la nouvelle année qui s'annonce? Entre arrêter de fumer ou de boire, travailler mieux à l'école, mieux gérer son argent, prendre soin de ses proches, j'en passe et des meilleures. Toutes ces bonnes intentions dont nous sommes remplis le jour du nouvel an ne résistent que peu souvent au temps qui passe, ramenant les bonnes résolutions à de vaines promesses que l'on se fait à soi même, enfin quand on a eu l'intelligence de ne pas les clamer haut et fort!
   Mais je ne puis m'empêcher d'apprécier ces envies de bien faire qui nous habitent pendant les quelques premiers jours de l'année, ne dit on pas que c'est l'intention qui compte? Ainsi, les gens peuvent se faire le plaisir d'avoir au moins essayé et "qui ne tente rien, n'a rien", n'est ce pas? Je veux rendre hommage, par ce texte, à toutes ces personnes pétries de bonnes intentions, à commencer par moi! Mais ne vous réjouissez pas trop vite, je ne suis pas prêt de vous dévoiler quelles ont été mes bonnes résolutions!
   Car, comme tout être humain, si j'ai la volonté de bien faire, je n'en ai pas toujours les capacités, ainsi, ça je peux vous le dire, je m'étais promis de tourner sept fois ma langue dans ma bouche avant de m'exprimer. Il ne m'aura fallu que trois jours pour faillir à ma détermination! Certes, je n'ai pas déclenché de catastrophe, mais je dois bien le dire, j'ai déclenché une réaction hostile qui me prendra sans doute du temps pour redresser ma situation. Il faudra que je résolve ce problème en empêchant ma langue de tant fourcher, pour cela il faut que je prenne la résolution de laisser mon cerveau réfléchir mes décisions avant que ma langue ne les exprime.
   Ce sera le moyen d'accéder à la résolution de mes problèmes de communication, mes yeux verront alors les évènements avec une meilleure résolution. Il faut que je tienne mes engagements au risque de voir la résolution de mes actes! ( trois définitions pour le même mot! Que j'aime notre belle langue!) Je vais donc réapprendre à parler, c'est devenu une nécessité plus qu'une simple bonne résolution, ce qui me met dans l'obligation de respecter ma décision.
   Je vais commencer par maîtriser mes écrits, ils seront plus doux et suaves ( mais pas mielleux, il ne faut pas pousser), je n'irai pas non plus jusqu'à faire dans la poésie, mais finis les textes engagés, je m'engage à n'écrire que des textes sans queue ni tête, dont le sens caché n'échappera pas aux perspicaces lecteurs que vous êtes devenus à force de me lire, je n'en doute pas!
   Voilà, ce sera mes deux seules bonnes résolutions pour cette année 2012, afin qu'elle ne soit pas celle de l'apocalypse annoncée par quelques hurluberlus. Parler beau et écrire bien, afin de mieux pouvoir ne rien dire tout en continuant à m'exprimer, ce sera l'année de la sérénité calme et du non sens commun!
   De votre part, je n'attend qu'une seule bonne résolution, celle de continuer à me lire, malgré tout! Allez, bonne année à tous!

J'aime la timidité.



   Cette réserve naturelle que tout le monde semble prendre pour un défaut, qui est sans doute parfois perçue comme un handicap par ceux qui la subissent, me semble pourtant être une qualité dans certains cas. Imaginez un monde où les politiques seraient timides, nous serions bien moins embêtés par leurs encombrantes saillies verbales, non?
   Il semble pourtant que s'en soit fini de la timidité, des chercheurs auraient trouvé le remède miracle, l'ocytocine est le nom dont ils affublent une hormone naturellement secrétée par l'hypophyse. Elle favorise l'altruisme, la confiance, la cordialité et l'ouverture d'esprit, ce qui est utile pour lutter contre les phobies sociales dont souffrent nos timides. C'est bien me direz vous, surtout si vous êtes embarrassés par ce défaut, oui, c'est bien d'aider les gens qui souffrent, je suis d'accord.
   Là où je me pose des questions, c'est quand je lis que c'est par le nez qu'il faut s'injecter le produit miracle! Un doute m'assaille, il faut sniffer le médicament, c'est bizarre mais cela me rappelle étrangement un autre produit dés-inhibiteur, je ne me souviens plus de son nom, mais c'est une poudre blanche très prisée de gens pas forcément timides d'ailleurs.
   Les chercheurs en question ne seraient ils que des dealers inventifs? En tout cas, cela peut prêter à confusion, ce qui serait un paradoxe pour soigner des timides qui sont déjà confus. Faut il craindre le pire au risque d'effaroucher ces pauvres craintifs? Ils pourraient hésiter à accepter le traitement, devenant indécis au risque de devenir timorés, c'est un cercle vicieux!
   Je n'ai donc qu'une seule chose à dire à ces chercheurs de petites bêtes, soyez plus circonspects dans vos déclarations, il faudrait que l'on vous inocule la timidité, peut être alors feriez vous preuve d'un peu d'humilité.
   Allez, éteignez votre ordinateur et allez chercher un remède contre la bêtise humaine, ça nous soignera tous un peu!

J'aime la course à l'échalote.



   L'année prochaine, nul ne peut l'ignorer, nous allons élire notre président de la république, elles et ils sont déjà sur la ligne de départ, piaffant d'impatience tant personne ne croit plus aux chances de l'actuel de se faire réélire. Mais je ne puis m'empêcher de me questionner sur ce qui les motive à ce point, le pays a rarement été en aussi mauvais état, les finances dans l'écarlate plus que dans le rouge, de plus en plus de chômeurs et l'année 2012 qui s'annonce comme une catastrophe économique de grande ampleur.
   Pourtant elles et ils sont tous là, présents, commençant à en découdre par média interposés, s'insultant à qui mieux mieux. Nous en arrivons au stade où chaque candidat passe tant de temps à dénigrer les autres qu'aucun d'entre eux ne met ses valeurs propres en avant, elles et ils ne nous disent qu'une seule et même chose: "nous sommes tous des nuls, nous n'avons que des défauts!" Au moins ne pourrons nous leur reprocher de ne pas nous avoir avertis!
   Cette fois nous savons que la ou le futur président sera un mauvais gestionnaire, un mauvais communicant et qu'elle ou il ignorera tout des réalités de notre société. Avouons que c'est là un avantage certain, jusqu'à ce jour, nous avions découvert toutes ces vertus cachées de nos anciens présidents qu'au cours de leurs mandats, sauf peut être pour Jacques Chirac, mais au moins il était rigolo le bougre!
   Pour l'élection de l'an prochain, nous allons devoir choisir ce que nous espérerons de moins mauvais, vu la conjecture mondiale, quoiqu'il fasse le futur président ( j'ai éludé le féminin, les plaisanteries les plus courtes sont toujours les meilleures!!) sera confronté au choix de parler pour ne rien dire, à l'instar de notre actuel gesticulateur, puisqu'il aura les mains liées par la crise ou de créer des lois iniques et vaines puisque inapplicables.
   Dans tous les cas, il ne sera qu'un inutile pantin aux ordres de l'économie mondiale et de ses riches actionnaires, seuls véritables décideurs, les diverses étapes de la crise nous l'ont prouvé de façon très claire, le doute n'est plus permis. Alors pourquoi mettent ils tant d'acharnement à vouloir se faire élire? Les décisions politique ne leur appartenant plus, ce n'est pas pour "redresser le pays", leurs moyens d'action sont si limités que nul ne peut plus agir efficacement sur l'économie, il ne leur reste plus que l'apparat, mais comme ils passent leur temps à s'insulter les uns les autres devrons nous juste voter pour le moins idiot?
   Depuis quelques jours, ils se surpassent dans le dénigrement, à les entendre aucun n'a les qualités requises, je suis sûr que nombreux sont ceux qui, comme moi, ne savent toujours pas pour quel énergumène ils voteront. J'hésite à voter blanc, je me dis que ça ne sera pas pire qu'un vote de toute façon inutile et au moins ne m'en voudrai je pas d'avoir mis un gland aux commandes!
   Voilà, laissons ces fous à leur course à l'échalote et éteignons nos ordinateurs, nous n'aurons plus de nouvelles d'eux par ce biais là!

J'aime les surprises.



   Je reviens déjà, c'est une bonne surprise, non? Bon, tant pis, mais maintenant que je suis là, je crois que je vais me fendre d'un autre texte! Ça vous apprendra à ne pas apprécier mes envies d'écriture, je vais vous contraindre à me lire!
   J'espère que votre ahurissement ne provoquera pas de commotion et que votre consternation cédera la place à l'ébahissement, mon problème étant de trouver un sujet qui vous surprendra. Votre stupéfaction face au piège que je vous tends sera ma réussite, ce sera un beau cadeau, voire un don à votre culture! Car, à votre grand étonnement, la plupart des mots utilisés jusqu'à maintenant sont des synonymes de surprise, vous êtes en admiration devant ce coup de théâtre?
   Bon, plus sérieusement, si j'aime les surprises, c'est quand elles sont bonnes, puisqu'elles peuvent être aussi des embûches, ce qui est le cas ce soir, je me retrouve seul et c'est un imprévu, mais il me faut bien avouer que ce n'est pas si grave puisque cela me permet de vous écrire ce texte sans queue ni tête! En même temps, si un texte avait une queue et une tête, on l'appellerait un chien! J'entends bien mesdames, vous, évidemment, vous pensiez que je dirais un homme, mais nous ne sommes pas qu'une tête sur une queue...quoique!
   Où en étais je avant vos digressions? Ne pourriez vous cesser de m'interrompre? Je perds le fil, ne soyez donc pas surpris si ce texte est décousu! Je vais devenir incohérent, c'est cousu de fil blanc, il faut vraiment que vous ayez envie d'en découdre avec moi pour continuer à me lire! Nous risquons de nous déchirer, voire de nous étriper, nous finirions vidés! Nous serions alors trop fatigués pour nous anéantir, tant mieux, nous ne serons pas ruinés, nous serons donc plus riches! C'est pas une bonne surprise ça?
   Je vous parle de la richesse de votre vocabulaire, bien sûr, c'est la seule fortune que vous apporte mes écrits, leur exubérance ne doit pas masquer l'opulence des mots utilisés, en l'occurrence! C'est une circonstance atténuante, ne me condamnez pas, ce serait une injustice, vous tomberiez dans l'improbité, vous seriez indélicats et manqueriez de finesse. Ce serait un manque d'intelligence qui vous obligerait à lire mes textes pour vous remettre à niveau, mes écrits en deviendraient inéluctables et vous me condamneriez derechef!
   Voilà, je crois vous avoir assez torturés pour cette fois, mais soyez vigilants car je pourrai bien revenir plus vite que vous ne le pensez, pour peu que vous pensiez, cela s'entend!

J'aime Aimer, j'aime être Aimé.



   Je ne puis le dire autrement, je suis de plus en plus Amoureux et je ne saurais m'en lasser tant cela m'apporte de bonheur. Il y a un peu plus d'un an que nous nous sommes retrouvés Cathy et moi et plus nous vivons ensembles, plus l'Amour qui nous lie est fort, nous confirmant que nous sommes faits l'un pour l'autre. Notre maison, que les travaux entrepris transforment en paradis, nous permet de nous conforter dans l'idée que nous vivons au bon endroit cet Amour puissant qui nous unit.
   Notre histoire avance sans fléchir sa route et c'est une force insoupçonnable qui s'en dégage, nous permettant de présager d'un avenir sans ombre, la franchise et l'honnêteté dont nous faisons preuve tous les deux nous permet d'éviter les heurts, tout se règle par les mots afin que les maux s'effacent. Alors je veux clamer une fois encore cet Amour qui m'a permis de changer de comportement, de devenir ou de redevenir l'homme que je n'aurai pu être sans le retour de Celle que j'Aime, que j'ai toujours Aimée et que je continuerai d'Aimer après que la mort m'aura emporté.
   Je ne puis me lasser de regarder ma Cathy avec des flammes dans les yeux, les mêmes flammes qui habitent son regard lorsqu'il se porte sur moi et je me sens alors le plus heureux et le plus chanceux des hommes, être Aimé par celle que l'on Aime est le plus grand bonheur qui se puisse.
   Alors, oui, j'aime Aimer et j'aime être Aimé puisque c'est ce qui me permet de me sentir si vivant, puisque c'est ce qui me permet d'avancer dans la vie avec un éternel sourire, puisque c'est ce qui fait battre mon coeur et me redonne l'envie d'être....Amoureux, toujours plus Amoureux.
   Je t'Aime autant que je me sens Aimé, mon Amour.

J'aime l'absence.



   Puis je faire autrement? Je suis très absent depuis quelque temps, il faut dire que je suis très pris par la nouvelle vie que nous construisons mon Amoureuse et moi. Les travaux de rénovation avancent bien, mais cela prend du temps et de l'énergie, je n'ai plus beaucoup de place pour l'écriture, mais je sais que ce n'est que passager.
   L'inspiration est toujours présente, l'envie aussi, cette interruption n'est pas un arrêt, ce n'est qu'un coup d'arrêt lié aux évènements que je traverse en ce moment. Si je reviens aujourd'hui, ce n'est que pour vous demander de patienter car le retard accumulé rendra mes écrits plus riches et plus nombreux, en attendant il faudra vous contenter de ces quelques apparitions. Mais je ne sais pas du tout vers quel sujet mon imagination va m'emmener, vu que mes doigts sont toujours aussi fatigués et qu'ils refusent catégoriquement de s'exprimer, ils font la grève, c'est dans l'air du temps me direz vous.
   Ce pourrait être le sujet de ce soir d'ailleurs, les fêtes approchent à grands pas et personne ne semble s'en émouvoir, les actualités ne parlent que de politique ou de finances ou des deux à la fois puisqu'ils semblent intimement liés. Alors, désolé, Père Noël, mais cette année ta fête du mercantilisme semble avoir du plomb dans l'aile, peut être cela poussera t il les familles à réhabiliter le vrai sens de cette fête de la nativité. Car, faut il vous le rappeler, bande de mécréants, cette journée n'existe que pour fêter une naissance et quelle naissance!
   Un être tout en gentillesse et douceur, qui prône l'Amour comme un art de vivre, dont les paroles pleines de bon sens emplissent encore vos esprits, même si vous refusez de l'admettre, il éclaire les routes de chacun tel un phare, guidant les humains vers l'intelligence par des mots qui prennent un sens nouveau, pour peu que l'on veuille les comprendre. Ses visions de la vie sont pleines de réalisme, rarement il se trompe et, si c'est le cas, vous lui pardonnerez comme il vous pardonnera d'avoir douté de sa clairvoyance, car il est ainsi, celui dont nous allons bientôt fêter la naissance, tout en indulgence!
   Vous l'avez bien compris, cet être de lumière mérite que j'éclaire vos chandelles, que je rallume la petite lueur de foi qui subsiste encore au fond de chacun de nous. Tout n'est pas perdu mes amis car dans dix jours c'est bel et bien mon anniversaire que nous fêterons!! Alors réjouissons nous de l'arrivée de cette fête, comment ça vous ne pensiez pas que je parlais de moi, y aurait il quelqu'un qui chercherait à me faire de l'ombre? Ha, ha! Vous voyez bien qu'il vous reste un petit fond de foi, alors profitez en et faites en sorte que ce Noël ne ressemble plus à la fête des marchands mais, bel et bien, à une véritable fête de la famille et des amis, juste pour le plaisir d'être ensemble, unis et Aimants, gratuitement!
   Allez, je vous laisse sur ces quelques mots, je ne sais pas ce qu'ils vous feront mais ils m'ont fait du bien et je ne vais pas bouder mon plaisir, c'est bientôt mon anniversaire, après tout!

J'aime l'hôpital, épisode deux.



   Je vous avais dis que je reviendrais sur cette traumatisante expérience, voici donc la suite des aventures de Fleuriquet à l'hôpital.
   Là, ils ont attaqué dès potron-minet, réveillé à cinq heures du matin pour m'entendre dire que je ne dois plus rien avaler jusqu'à dix heures trente, heure prévue pour une échographie de ma vessie, pas même un verre d'eau alors que j'affiche quarante degré de température! Et, ultime épreuve, il faut arriver la vesssie pleine, l'angoisse, dois je faire pipi une dernière fois, avec ce que je transpire et l'interdiction de me désaltérer, ma vessie se remplira t elle?
   10h30, radiologie, je suis très curieux de nature, une auscultation radiologique de mes organes internes ne peut que m'intéresser. Mais voilà, je suis tombé sur un radiologue qui avait l'air plus malade que moi et qui me renvoyait à internet pour répondre à mes questions! Le dialogue a donc tourné court et, vingt quatre heures après mon examen, je ne sais toujours pas si mes résultats dévoilent quelque chose de grave, même le docteur m'avoue n'en rien savoir, c'en serait presque inquiétant!
   Bref, le reste de la journée s'est déroulé dans cette habituelle nonchalance hospitalière, entrecoupée par les toujours surprenantes visites de notre voisine de chambre atteinte d'Alzheimer et qui cherche désespérément son mari, cela est plus drôle que pathétique car elle évolue dans sa bulle et est toujours souriante.
   Puis arrivent les changements d'infirmières à qui il me faut confirmer que mon voisin n'est plus sous oxygène sur décision du médecin, les interroger sur les soudains changements de rythme dans ma médication, mais rien d'outrageusement inquiétant! Je ne reviens pas sur les repas qui n'en ont que le nom, et encore!
   Ce qui me chiffonne le plus dans ma vision de l'hôpital est l'hygiène, deux jours dans ce lieu et pas l'ombre d'une femme de ménage, une toilette sommaire de mon impotent voisin et l'interdiction qui m'est faite de pouvoir prendre une douche à cause de mes perfusions me poussent à croire que la crasse est la meilleure des thérapies pour les malades que nous sommes!
   Le soir revient, une sourde angoisse nous envahit, mon voisin et moi, va t on devoir à nouveau subir les assauts de Attila le Hun et de Calamity Jane? Non, ce sont deux sympathiques dames, tellement sympathiques que nous ne les verrons que deux fois dans la nuit et encore fut ce sur appel de mon voisin! Il y a, décidément, des inégalités de traitement dans le milieu médical!
   Le temps passe lentement mais il passe, inexorablement, même ici! Heureusement, le train train qui s'instaure voit sa monotonie interrompue par les surprenantes apparitions de notre voisine, cette charmante dame de quatre vingt quatre printemps déambule sans cesse dans les couloirs et les autres chambres afin de vaincre l'ennui et la tristesse du lieu. Elle ne recherche qu'un peu de compagnie et des oreilles attentives. Certes, son discours est quelque peu décousu, mais elle a encore de longs moments de conscience ce qui en fait une fort aimable présence et nos conversations, pour surprenantes qu'elles soient, n'en sont pas moins un fort agréable passe temps.
   Je veux, cependant, rendre un hommage appuyé à son mari, après soixante deux ans de mariage, il se retrouve à donner à son épouse la plus belle et la plus grande preuve de l'amour qu'il éprouve encore pour elle. La sincérité de son comportement est d'autant plus flagrante que son épouse, s'envolant vers d'autres cieux, n'en a plus totalement conscience. Le don de soi dans l'abnégation la plus totale, n'est ce pas là une magnifique définition de l'Amour?
   Voilà que l'hôpital me rend romantique, il est grand temps qu'ils me relâchent, à moins que ce ne soient les visites régulières de ma Cathy et le soin qu'elle prend de moi qui me rendent toujours plus Amoureux, donc sensible au monde qui m'entoure.
   Voilà, je ne pense pas venir vous reparler de cette expérience à l'hôpital, j'en suis sorti en bonne santé, n'est ce pas là le plus important? Ma grande mansuétude me pousse à vous autoriser à continuer d'observer cet écran qui vous obsède tant, mais soyez prudents, vous pourriez tomber sur un autre de mes textes!

J'aime être un papa.



   Encore un weekend de pur bonheur de passé en compagnie de mon cher fils, seul de mes trois enfants à faire preuve d'amour et de compréhension, malgré ma séparation d'avec sa mère. Entre ma fille aînée qui ne me parle plus que par intermittence et ma deuxième qui m'a dit ne plus m'aimer, voire pire, l'amour exprimé de mon cher fils me permet d'espérer être encore en droit de revendiquer le titre de papa.
   C'est un rôle extrêmement difficile à tenir que celui là, il faut savoir composer et être plus patient qu'une mère puisqu'elle est aimée par nature quand le père se doit de conquérir le coeur de ses enfants. Là, par exemple, je me retrouve pris entre deux filles qui me reprochent un manque d'attention pour l'une et un trop plein de présence pour la deuxième, comprenez le désarroi qui s'est emparé de moi, je ne sais plus où ni qui je suis! J'aime mes filles autant que mon fils, mais elles ne l'entendent pas de cette oreille, elles me demandent des preuves que je ne saurai leur donner, peut être par maladresse, ou par incompréhension.
   Il ne me reste plus que mon fils pour croire en mon amour, il ne compense pas le manque d'affection dont je souffre mais il me rassure sur ma capacité à être un papa aimant. C'est grâce à lui que je ne perds pas espoir de redevenir le papa de mes filles, j'ai évolué dans ma façon de concevoir la vie, je ne vois plus en noir et blanc, j'ai ajouté des nuances de gris à mes jugements, mes textes eux même le prouvent, seulement il semble que seul mon Titi s'en soit rendu compte.
   Alors je m'applique à être son papa, je me dis que c'est la seule voie de guérison que me laissent mes filles, peut être finiront elles par comprendre que je suis capable d'aimer, de tout donner à ceux qui comptent autour de moi, de ne plus être cet étranger que je semble être devenu à leurs yeux. Nous vivons des moments de plaisir intenses et très fort avec Tristan, même s'ils restent plus rares que nous ne le voudrions tous les deux, ce soir encore, nous avions le coeur serré de devoir nous séparer, mais nous savons que nos prochaines retrouvailles n'en seront que plus fortes et que notre joie en sera plus grande encore. Nos weekend passent très vite, trop vite, mais c'est parce qu'ils sont bien remplis et qu'il n'y a pas de temps morts dans notre relation.
   Il ne me reste qu'à espérer que la curiosité de mes chères filles finisse par être piquée de cette relation qui rend leur frère si heureux d'être mon fils, alors, peut être, redeviendront elles vraiment mes filles me permettant de revendiquer, enfin, mon titre de papa. Ainsi pourrai je clamer haut et fort que j'aime être un papa!!!

J'aime l'hôpital.



  Je sors de quelques jours à l'hôpital, mais ne vous réjouissez pas trop vite, d'abord ce n'était pas très grave, ensuite je ne vous dirais rien de ce qui a justifié mon hospitalisation, vous vous moqueriez, sans pitié que vous êtes.
   Ce qui importe ici, c'est l'hospitalisation, cela faisait longtemps que je n'avais plus fréquenté ce haut lieu de la santé publique. L'accueil y a été très amical et je ne puis dire que je n'ai pas été pris en charge, pas moins de cinq personnes ont été nécessaires à l'établissement de mon diagnostic! Ensuite, la décision a été prise de me séquestrer pendant quelques jours dans ce pénitencier sanitaire. Certes, mon état justifiait cet enfermement et je les en remercie. Ce que j'ai plus de mal à admettre, ce sont les conditions de vie au sein de ce qui devrait être un sanctuaire de la santé.
   Univers calfeutré par excellence, il ne faut pas espérer entrouvrir une fenêtre, nous sommes condamnés à ne respirer que les miasmes des autres malades, à l'air irrespirable ajoutez une chaleur malsaine et ne vous étonnez pas de ne pas aller mieux, voire d'aller de mal en pis! Bref, je me vois donc emmener des urgences jusque dans une chambre, je pense y aller en marchant, mais non, pas question, je suis malade n'est ce pas? Alors c'est dans un lit que je suis trimbalé de couloir en ascenseur jusqu'à mon lieu de villégiature pour quelques jours.
   Là, je me retrouve en compagnie d'un monsieur d'un certain âge qui, au premier coup d'oeil, me semble pas loin de l'agonie. Heureusement, les apparences sont parfois trompeuses et, s'il a du mal à s'exprimer, c'est un voisin plein d'humour et d'agréable compagnie. Bon, me voici installé, je fais la connaissance des cinq à six personnes qui vont s'occuper de ma santé, c'est un ballet incessant, une infirmière qui vient me mettre un sachet sur la perfusion, suivie d'une autre qui vient rajouter une autre poche, puis la première revient avec un troisième produit, elle a gagné la course à l'échalote!
   L'après midi se déroule ainsi, entre prises de température et prises de sang, il faut bien qu'ils cernent mon problème si je ne veux pas rester trop longtemps en ce lieu. Jusque là tout va bien, mais voilà l'heure du repas, enfin je ne suis pas sûr que l'on puisse ainsi le nommer! Une mixture ignoble accompagnée d'un rectangle rose que certains appellent jambon, mais, même avec le recul, j'ai toujours des doutes! Après cette épreuve vint la nuit, la compote apportée par mon Aimée ayant compensé les carences nutritives de la pâtée pour chat. Là, je me dis que je vais bien dormir, histoire de me refaire plus vite ma santé, mais non, pas question de dormir, la nuit est plus animée que les jours à l'hôpital!
   Toutes les deux heures, un bip violent au creux de l'oreille vous tire des bras de Morphée, ils vous prennent la température, puis la lumière s'allume, ils en veulent à votre sang! Puis vous administrer un nouvel antibiotique, puis vous réveiller pour vous dire qu'il ne faut plus boire et ne plus manger parce que le matin il faut subir un nouvel examen.
   Et, le jour à peine levé, une aimable infirmière vient vous demander avec le sourire si vous avez bien dormi! Je soupçonne les équipes de jour de ne rien savoir des exactions des équipes de nuit qui se vengent sur les patients de ne point pouvoir dormir! Fin de la première journée à l'hôpital, je reviendrai vous raconter la suite de mes hospitalières vacances, alors à plus tard chers amis, en attendant, rien ne vous empêche d'éteindre votre ordinateur pour aller rendre visite à une personne hospitalisée, elle en a bien besoin, croyez moi!

J'aime la décontraction.



   J'aime ce comportement qui permet le relâchement, accordant une souplesse sans, cependant être de la désinvolture. La décontraction est un moment qui permet de faire preuve d'aisance, quelques soient les situations que l'on traverse, c'est détendu que l'on prend les évènements qui, parfois, s'enchaînent.
   Voisine de la sérénité, la décontraction a quelque chose en plus, elle est naturelle, innée, l'important étant de ne pas se comporter contre sa nature. Le temps passant, nous avons une tendance à la crispation, source de raidissement, tout le corps se contracte entraînant une raideur de l'esprit, il faut alors faire preuve de flegme pour retrouver sa souplesse.
    C'est à cette condition que l'on redevient soi même, le calme apaisant retrouvé, la décontraction fera son effet, même les marques du temps s'estompent peu à peu, c'est comme une seconde jeunesse. Les sentiments de notre entourage évoluent dans le même sens, les gens se décontractent, se relâchent et se laissent aller à la joie de notre compagnie. Les barrières que notre tension avait érigées disparaissent, l'assouplissement de nos sentiments entraîne l'assoupissement de notre colère. 
   C'est alors la fin des convulsions spasmodiques de notre façon de penser, l'esprit se libère de toute contrainte, les muscles se dénouent, un bien être intense nous envahit, le corps se remet à bouger sans spasmes, tout en douceur et calme. C'est cela la décontraction, ce n'est que le détachement de son mal être, pas une forme d'indifférence, juste une nouvelle appréhension des choses, tout en légèreté, apportant la vraie liberté.
   Finie la rigueur, il suffit de se laisser aller, tout ce qui doit arriver arrive, qu'on le veuille ou non, alors autant être décontracté. Il ne faut pas que ce soit de la négligence, au risque de donner dans l'irrévérence, la décontraction ne doit pas se nourrir d'effronterie mais d'Amour, même s'il crée parfois des tensions, surtout chez l'homme, c'est à la femme de détendre ces raideurs masculines, elles agissent alors comme un détendeur comme ça, ça gaze dans le couple! 
   Pardonnez ces digressions Amoureuses, elles ne sont que la marque de ma désinvolte familiarité, ce qui est, somme toute, une forme de décontraction! L'important est de rester dans une sereine aisance qui, seule, permet de rester détaché des contraintes de la componction, qui n'est, souvent, que de façade!
   Voilà, j'aime la décontraction car elle permet de vivre pleinement conscient de sa valeur propre, elle permet à l'esprit de prendre le dessus sur le corps, tout se fait en souplesse et, à l'instar du roseau de la fable de La Fontaine, autorise toutes les hardiesses face aux intempéries de la vie.
   Allez, éteignez votre ordinateur et allez vous décontracter les muscles du dos, ils m'ont tout l'air d'en avoir besoin, vu le temps que vous passez à me lire!

J'aime être heureux.



   Ça y est, je suis reparti en vadrouille sur mon nuage, il est facile à reconnaître, il brille comme un soleil, je devrais dire qu'il irradie mais ce n'est encore que le pâle reflet de mon âme Amoureuse. Le bonheur n'est plus à portée de main, il n'est plus une chimère que je poursuis de mes empressements, c'est devenu beaucoup plus simple, je suis le bonheur, même Bouddha a l'air stressé à côté de moi!
   Je me suis libéré de toutes les contraintes, je vis dans la plus totale liberté. Plus d'apesanteur, plus d'appesantissements, juste une légèreté de l'être absolue, je ne suis même plus certain d'avoir un corps, seuls les battements de mon coeur me relient encore à cette terre. D'ailleurs j'ai le sentiment d'être devenu un gigantesque coeur, dont seuls les battements rythment le temps qui passe.
   Mais alors, je me suis transformé en une horloge, qui ne se remonte pas, je suis une horloge de vie qui fonctionne à l'Amour et, comme il est éternel, rien ne peut plus l'arrêter, je suis donc une horloge atomique.
   Mais alors, je suis un atome, qui déambule sans cesse, toujours en mouvement, n'explosant que pour se démultiplier, rebondissant dans tous les sens pour mieux créer la vie.
   Mais alors, je suis créateur, cela fait de moi un père, celui de mes créations en tout cas. Mais elles ne sont que le fruit de cet immense bonheur qui m'habite, je suis donc le fils du bonheur.
   Mais alors, si je suis le fils, je ne puis être le père, serai je donc l'esprit? Mais oui, un coeur et un esprit, c'est ce qui me permet de rester sur un nuage.
   Mais alors, je suis une nuée ou une nébulosité et ma pluie est bienfaitrice, c'est une pluie qui tombe du ciel non point pour mouiller, mais pour arroser le monde afin de l'inonder d'Amour.
   Mais alors, je suis l'Amour, distribuant mes bienfaits, éclairant la vie des gens que je touche, faisant battre les coeurs même les plus endurcis, décochant mes flèches au hasard de mes regards.
   Mais alors, je suis un arc, mais un arc est une voûte et,comme je suis sur un nuage, c'est de la voûte céleste qu'il s'agit, je soutiens le ciel et les étoiles.
   Mais alors, je suis un astre, c'est pour cela que j'irradie, j'éclaire le chemin des âmes perdues dans la nuit, les guidant vers la lumière.
   Mais alors, je suis la lumière, c'est pour ça que je suis rayonnant, c'est même un embrasement et, si je ne suis pas une lumière, je suis un rayon lumineux.
   Mais alors, je suis une roue, celle du destin qui me conduit, inéluctablement, vers le bonheur, celui d'Aimer et d'être Aimé.
   Mais alors, c'est pour tout ça que je suis heureux et, pour tout vous dire, qu'est ce que j'aime être heureux.

J'aime l'étymologie.



   Amoureux du vocabulaire, c'est une science incontournable et passionnante que l'étymologie, remonter aux origines d'un mot, en trouver les filiations, permet de mieux cerner sa ou ses significations. Ce qui permet de mieux jouer avec les mots, l'un de mes jeux préféré, vous l'avez compris.
   Parlons donc des ascendants de nos mots, leurs parents si vous préférez, car tous ont une raison d'être sous la forme que nous leur connaissons aujourd'hui, que leur origine soit latine ou grecque, qu'ils soient issus de l'immigration ou d'un patois voire d'une langue régionale. Car notre langue n'est qu'un savant amalgame d'autres langues, puis, nous les appropriant, nous en avons fait le langage qu'aujourd'hui nous appelons le français.
   Le plus pittoresque dans l'étude de notre langue est que ce n'est pas le vieux français qui nous donne les meilleures sources sur la généalogie des mots actuels, c'est, réellement, l'art consommé que nous avons de prendre, dans les autres langues, les vocables les mieux adaptés. C'est pour cette raison que nos mots sont, souvent, à double ou à triple sens, d'où le ridicule des tenants d'un "bon" français, si justement vilipendés dans le texte précédent.
   La meilleure preuve est notre nom, les Français, qui vient d'un peuple de Germanie! Alors, soyons francs, je veux dire par là honnêtes, notre belle langue a su associer plusieurs langues en y mêlant des origines latines dues, pour l'essentiel, à l'église catholique s'étant elle même inspirée des langues indigènes afin de mieux faire passer ses messages. Dès les prémices, notre si belle langue a puisé à tant de sources différentes qu'elle ne peut évoluer que dans la même lignée et, de génération en génération, a su prendre ses sources dans nos différentes conquêtes, même les pays colonisés y ont apporté leur contribution!
   D'ailleurs, ce cher Charlemagne, à qui l'on prête l'invention de l'école, n'avait il pas une vision européenne de la langue? Il régnait depuis l'Allemagne, sur un empire franco-hispano-italo-austro-germain, comment le dire autrement! Nous avons donc emprunté nos mots à toutes ces langues, notre français moderne pourrait être considéré comme une forme d'espéranto! Alors cessons de baragouiner, nous n'avons cessé de barguigner nos vocables, je l'écris en buvant un café!
   Voilà, je ne vais pas aller plus loin, je ne vois pas ce que je peux dire de plus, les mots me manquent alors je crois que je vais me mettre à en inventer des nouveaux, histoire de brouiller plus encore les tenants d'une pureté du français qui ne peut exister que dans leurs fantasmes, puisque l'étymologie elle même s'y perd et c'est bien pour ça que je l'aime!
   Allez, éteignez votre ordinateur et remontez aux sources du langage informatique en revisitant le français ancien!