jeudi 20 octobre 2011

J'aime l'Amour.

J'aime l'Amour.
Le plus grand et le plus noble des sentiments qui puisse animer les humains est l'Amour. C'est une force sans nom donnée à ceux qui l'éprouvent, il permet de soulever les montagnes et de combler les failles, il permet la remise en question et facilite les débats. Il redonne la foi à ceux qui l'ont perdue, il redonne confiance en l'avenir, il ouvre les portes, toutes les portes.
Il faut qu'il soit un don de soi, il doit être d'une telle sincérité qu'il ne saurait permettre au moindre doute de s'insinuer. L'Amour est un sentiment avec lequel nul ne peut tricher, il dégage des ondes de bonheur qui deviennent visibles pour tout le monde, sauf, peut être pour les personnes qui s'aiment puisque "l'Amour rend aveugle" dit on!
Je pense que c'est l'inverse qui se passe, l'Amour crée une ouverture sur le monde que nul autre sentiment ne saurait autoriser, il ouvre les yeux du coeur et ce regard là est le plus perçant qui soit. L'Amoureux ressent autant qu'il voit, il respire son environnement et cela l'inspire. Il voit les autres avec un regard pur, accordant à tous le droit d'aimer autant que d'être aimé, il veut que l'Amour soit communicatif, mais sa force véritable réside dans le fait qu'il n'en ai pas même conscience. Il sème l'Amour comme une contagion positive, après avoir croisé un Amoureux, les coeurs fleurissent dans la joie.
Je suis très Amoureux, c'est ainsi que j'ai pris conscience de tout ce que je viens d'écrire et je suis heureux de constater tous les changements qui sont intervenus dans ma personnalité, je continue d'évoluer, puisque l'Amour que j'éprouve pour l'élue de mon coeur ne cesse de progresser. Je me sens riche de nouvelles perceptions et, tout n'étant pas parfait, il me reste encore des paliers à franchir, mais j'y mets beaucoup de coeur à l'ouvrage et je n'ai aucun doute quant à la réussite de mes améliorations de comportement.
Voilà, je t'aime, ma Cathy, de l'Amour le plus pur et le plus sincère qui soit et c'est ce qui me permettra de te rejoindre dans un bonheur heureux et définitif. Je t'aime

J'aime les couleurs de l'automne.

J'aime les couleurs de l'automne.
Quelle belle saison que l'automne, lorsque les arbres se parent de couleurs inouïes, du rouge sang au jaune le plus pâle, en passant par toutes les nuances intermédiaires entre ces deux couleurs. Les rayons du soleil, rasants en cette époque de l'année, en intensifient encore les chatoiements et les yeux ne peuvent que se réjouir d'un tel spectacle, entraînant une jubilation de l'âme.
La nature prépare son sommeil hivernal dans cette explosion de luminosités automnales, déjà le sol se tapisse des premières feuilles tombées créant des tapis multicolores dans lesquels les enfants prennent tant de plaisir à courir. Comme dans l'océan, ils créent des sillages qui se refermeront au premier coup de vent, ou seront recouverts par la chute incessante de nouvelles feuilles, le ballet n'en est qu'à ses prémices.
Elles ressemblent à des papillons lorsqu'elles quittent les branches, voletant au gré des courants d'air, captant les rayons solaires au passage, se laissant transpercer par la lumière. Elles prennent alors des airs de petites fées, ajoutant à la magie, on se prend à les croire animées de vie alors même qu'elles se meurent. Puis elles atteignent le sol qu'elles enrichiront par leur décomposition, permettant de nourrir de nouvelles générations de feuilles, admirable équilibre naturel.

Les dernières fleurs se fanent lentement, ne résistant plus au rafraîchissements des températures nocturnes, les premières gelées blanches ont raison de leur entêtement à embellir les frondaisons. Elles jonchent le sol, apportant des tâches de couleurs vives qui donnent un air de tapis fleuri aux allées des parcs et forêts, c'est leur chant du cygne mais elles gardent leur splendeur jusque dans la mort. Celle ci s'est posée sur l'eau, déguisée en papillon se désaltérant.
Même l'air se pare des luminosités particulières à l'automne, le soleil s'est éloigné et, s'il peine à réchauffer l'atmosphère, il lui donne des teintes peu communes, les contours des plantes apparaissent comme à aucune autre saison, comme sur une peinture. En fait la balade automnale est une invitation à une exposition de la nature, à un spectacle grandiose offert par les plantes et la main de Dieu se ressent à chaque coup d'oeil sur cette oeuvre qui atteint la perfection en cette saison.
Voilà, c'est vraiment le moment de l'année que je préfère, l'automne éveille mon âme bucolique, cela me rendrait presque poétique, voire romantique! Mais il faut avouer que c'est une saison qui s'y prête parfaitement, elle pourrait être triste avec les journées qui raccourcissent, les premiers froids qui se font sentir, elle n'est qu'un hymne à la joie.

D'ailleurs, le soleil couchant en apporte la confirmation, les lumières sont belles, la magie opère, malgré la température qui baisse, le coeur se réchauffe. Allez, éteignez votre ordinateur et allez vous lover dans de chaudes couvertures, au creux de votre lit, car c'est aussi un avantage de l'automne, on dort mieux!

J'aime l'inconséquence.

J'aime cette légèreté de l'être, cette façon d'agir sans réfléchir aux conséquences, cette forme d'étourderie déraisonnable qui peut faire penser à une forme d'irréflexion quand ce n'est, somme toute, que de la distraction. Les actes qui en découlent peuvent ressembler à de l'inconscience, mais c'est une fantaisie accordée aux autres que l'inconséquence. Elle permet d'être inventif afin de mieux surprendre son entourage, de créer la surprise là où nul ne l'attend en faisant naître la stupéfaction.
Elle est proche de l'absurdité, mais n'en est pas une, elle est un simple oubli, un coup de folie passager que son auteur est souvent la première victime. Mais son sentiment de culpabilité n'est que passager puisqu'il est inconséquent, cela ne l'oblige pas à être illogique! Tout juste est il étourdi: "un jour il oubliera sa tête" est l'expression consacrée pour définir ce distrait patenté.
D'ailleurs, lorsque l'on parle de l'inconséquence d'un enfant, elle sera assimilée à un caprice, à l'adolescence elle sera considérée comme un dérèglement, tandis qu'à l'âge adulte ce sera perçu comme de la déraison. En fait ce n'est qu'un caprice déréglé par la déraison, une impulsivité non maîtrisée, un élan qui, souvent, vient du coeur. Ce n'est qu'un moindre défaut et il serait dommage qu'il soit considéré comme une faute majeure, ce qui est souvent le cas pour les gens coincés, pour les anxieux et, parfois, les Amoureux!!!
L'inconséquence est surtout le pouvoir de faire ce que l'on veut, quand on le veut et les autres n'ont qu'à s'adapter ou à subir! Il y a un peu d'égoïsme dans ce comportement, s'il est inconscient cela ne l'excuse pas, mais justifie le comportement de l'inconséquent, à ses yeux en tout cas. Alors jamais il ne s'excuse, puisqu'il ne peut avoir fauté, en bon écervelé il ne peut se rendre compte de ses imprudentes autant qu'impudentes actions. C'est aux autres qu'il appartient de lui pardonner...ou pas!
Agir d'abord, réfléchir après est le leitmotiv de l'inconséquent, cela offre de nombreux avantages, permet une réactivité hors du commun, la dispersion décousue de ses agissements n'est que le résultat de son empressement. Il ne se rend compte qu'après des effets, parfois néfastes, de ses actions, mais, comme le passé s'efface de sa mémoire aussitôt, il passe à autre chose immédiatement, l'inconséquent ne se connait aucun défaut, c'est toujours de la faute des autres.
Il faut accepter ces personnes pour ce qu'elles sont et ne jamais se permettre la moindre critique de leurs actions au risque de devenir un rabat joie et un aigri (un possessif?), puisqu'eux ne savent pas se remettre en question, ils ont toujours raison, même et surtout contre l'avis général. Il faut admettre.......ou partir!
Voilà, je suis un inconséquent moi aussi, alors je refuse de reconnaître mes erreurs comme telles, je pense juste que j'avance et, il faut bien le dire, j'avance, alors à tous les inconséquents de la terre, j'ai envie de dire, je vous aime, continuez à surprendre, essayez simplement de ne pas oublier que vous n'êtes pas seuls, tout sera alors pour le mieux.
Allez, éteignez votre ordinateur afin de voir quelles conséquences cela aura sur votre entourage.

J'aime la fatigue.

En ce moment, au travail nous préparons la Toussaint, vous savez, cette journée spéciale cadavres, où plein de gens vont faire semblant de s'intéresser à leurs morts en achetant des fleurs immondes mais imposantes pour en mettre plein la vue à leurs voisins de cimetière.
Mais là n'est pas mon sujet, nous recevons ces plantes spécialement cultivées pour être en fleur à la bonne période, les Chrysanthèmes, Cyclamens (qui ne sont pas une marque de vélo pour ecclésiastiques!) et autres Bruyères et Pensées. Il faut nous activer pour que les présentations soient en place afin de donner envie à tous les vautours du premier novembre, ne pensez pas que je n'ai que mépris pour ces hypocrites, il en est quelques uns parmi eux qui sont sincères, enfin je crois, enfin je l'espère.
Quand vous entendez une majorité de clients dire d'une très jolie composition: "elle est belle, mais ce n'est pas assez cher!" Avouez qu'il y a de quoi être interpellé sur la sincérité de leurs intentions. Le plus drôle de cette affaire, c'est que les principaux concernés sont morts et n'en ont donc plus rien à faire de ces fleurs qui vont pavoiser nos cimetières, ces lieux morbides et inutiles seront plus colorés, c'est toujours ça de pris!
Nous recevons ces jours ci des centaines de ces fleurs et cela demande un travail acharné et fatigant, heureusement d'ailleurs, l'abrutissement qui en résulte permet de ne pas avoir trop conscience de ce que l'on fait ou dit pour faire plaisir à des maniaques qui mettent trois heures à choisir une fleur avant de se rendre compte qu'il est trop tôt pour aller la mettre au cimetière. Alors, ils disent qu'ils reviendront et, le pire, c'est qu'ils reviendront, puis ils reprendront plus de temps encore pour choisir puisque nous aurons plus de plantes encore!
C'est la fatigue morale qui viendra alors me permettre d'accepter de respecter ces peu respectables personnes, cela me ramène aux périodes les plus sombres de ma vie commerciale lorsque je vendais des alarmes et des encyclopédies. La seule différence est que là, ce sont les clients qui viennent à nous et qui veulent ce qu'il y a de plus cher pour monnayer leur chagrin aux yeux des autres.
Alors je vais me laisser abrutir de fatigue et je ne saurai plus même qui je suis, ainsi le 31 octobre n'aurai je pas mauvaise conscience d'avoir contribué à cette parodie de piété. Je pourrai alors profiter d'un repos bien mérité au creux des bras de ma bien Aimée, qui, déjà, m'aide à accentuer mon état de fatigue, mais je ne vous dirai rien de plus!
Voilà, je suis même fatigué de vous écrire ce message, je vais donc vous laisser pour aller vendre mes fleurs des morts, éteignez votre ordinateur et allez vous recueillir, simplement vous recueillir, sur la tombe d'un proche, ce sera plus sincère et les blocs de granit des cimetières ne vous en seront pas moins reconnaissants.

J'aime les improvisations.

Il n'est rien de tel que l'improvisation pour gérer sa vie, surtout dans le monde actuel, même nos dirigeants ont l'air d'improviser leurs choix politiques selon le sens du vent, plus rien n'est sûr et il devient difficile de planifier quoi que ce soit, à l'instar de la météorologie.
Place à l'impromptu, il nous faut avancer à l'improviste, cela fait la part belle à l'imagination et c'est bien ainsi que l'humain a pu avancer au fil des siècles. Laissons les prévisionnistes et autres prédicateurs de mauvais aloi continuer à croire en leurs fadaises, ils sont perdus dans leurs annonces et ne voient pas que le monde se fait fi d'eux. La terre a décidé de nous remettre dans le droit chemin en bouleversant ses propres habitudes, elle crée des catastrophes aux endroits les plus inattendus, déclenche des tempêtes aux moments les plus inopportuns et nous aide à croire en un avenir de plus en plus incertain.
L'improvisation n'est que la réponse sensée aux incertitudes, la réactivité qu'elle entraîne est salutaire, il suffit juste de ne pas laisser la panique l'emporter. C'est en agissant au pied levé que l'on est le plus efficace, une personne qui peut, sans préparation, réagir effectivement est bien plus utile que tous ces gens qui, pour n'agir que dans la certitude, ne font plus rien.
Nous ne pouvons préluder de rien pour l'avenir, d'ailleurs le verbe préluder, lui même, a un double sens qui fait de lui à la fois une prédiction et une improvisation! Alors menons nos vies comme un prélude musical, tâtonnons un peu pour trouver des notes qui s'accordent et avançons sereinement vers une symphonie harmonieuse, de manière inopinée.
Après la musique, c'est à la cuisine d'apporter de l'eau au moulin de l'improvisation, en effet, qui n'a jamais dû improviser un repas en s'accommodant des ingrédients présents. Ce sont souvent ces plats qui sont les meilleurs par la surprise qu'ils créent, l'inattendu est source de toutes les créations et l'imagination le meilleur des livres de recettes. Créer un plat au pied levé permet de mettre les pieds dans le plat de l'art culinaire, là aussi, l'improvisation est créatrice.
Improviser, c'est surtout agir sur le champ, c'est faire vite et bien avec les moyens du bord, c'est opérer dans l'urgence sans être dans l'urgence, c'est rendre toute sa valeur à l'imagination. Réagir de manière imprévisible face à l'imprévu est le seul moyen de le juguler au point de le rendre prévisible! Il ne faut pas se laisser déconcerter par un évènement accidentel, c'est la force de l'improvisateur, rien ne peut entamer son optimiste avancée dans la vie.
Alors, oui, j'aime l'improvisation, j'en suis devenu un fervent adepte car elle me permet de mieux rebondir et de rester serein, donc efficace, face à tous les imprévus que me réserve la vie en ce moment de construction. D'ailleurs, mon Amoureuse est aussi une improvisatrice et c'est depuis que nous adaptons nos réactions à la fantaisie du destin que nous vivons le mieux notre histoire, ce qui rend notre Amour extraordinaire mais, certainement pas, déconcertant et encore moins déroutant.
Voilà, vous pouvez aller vous improviser une soirée sans votre ordinateur puisque vous allez l'éteindre!

J'aime être possédé.

Non, cela n'a rien de démoniaque, je ne suis qu'ensorcelé mais ce n'est pas grave puisque je suis Amoureux de mon ensorceleuse. Elle m'a envoûté, pourtant je ne me suis jamais senti aussi libre, elle a conquis mon coeur qui, pour lors, est devenu son fief, mais comme la réciproque est aussi vraie, nous ne savons plus qui est à qui, du coup, nous sommes à nous!
Tout ça pour vous dire qu'il est bon de se sentir possédé, tout en étant en possession de la personne qui nous possède, sans pour autant devenir possessif! Cela peut paraître compliqué de prime abord, mais c'est une simple histoire d'Amour exclusif qui refuse de devenir abusif. C'est une conquête, pas une appropriation, nous sommes conquis l'un par l'autre et cela nous met sur un pied d'égalité, nous avons la jouissance de l'autre mais ce n'est que réjouissance.
Il est bon d'être possédé par l'autre sans être dépossédé de soi même et ce ne peut être l'apanage que des gens Amoureux. Entrer en possession du coeur de l'autre ne peut se faire qu'en offrant son coeur à l'autre, qui est alors possesseur du notre, pour notre plus grand bien à tous les deux, cela fait la richesse d'une relation. C'est une occupation pacifique du territoire de l'être Aimé, sans domination ni empire.
Posséder est une forme d'avoir, c'est être propriétaire, mais ce n'est pas avoir le contrôle total, ce n'est que l'usufruit, surtout si c'est d'un coeur dont nous nous sommes enrichis, il est à notre disposition, mais nous n'en avons pas la disposition. Il nous appartient mais nous n'en avons pas la domination, sinon nous pourrions en être dépossédé par celui, ou celle, qui nous l'a offert.
Il ne faut pas confondre, être possédé, qui est une forme d'avoir, n'est pas se faire posséder, ce qui n'est qu'une façon de se faire avoir, là nous parlons d'un don de soi, total, sans retenue, qui permette à un ou Une autre de nous habiter corps et âme, cette possession n'est qu'un partage. Il ne faut pas accaparer la personne possédée, il faut juste la connaître, pour mieux la pénétrer afin de jouir pleinement de cette possession.
Voilà, c'est pour toutes ces raisons que j'aime être possédé puisque cela ne me dépossède pas de mon être, je pourrais rester le même si je le désirais, mais j'ai décidé de me laisser posséder sans retenue aucune, afin de pouvoir, en retour, savoir qu'il est une personne qui est possédée par moi. je suis un homme enrichi de la possession de ma possession.
Allez, vous pouvez éteindre votre ordinateur pour savoir si vous n'êtes pas possédé par lui.

dimanche 16 octobre 2011

J'aime les anonymes.

Les trop rares commentaires sur mes textes sont, souvent, le fait d'anonymes, mais au moins ont ils le mérite d'exister, c'est pour cette raison que je les aime bien. S'ils écrivent incognito, leurs remarques ne sont pas insignifiantes, c'est un anonymat actif que le leur, donc respectable.
Même s'ils gardent le secret sur leur identité, ils ont une existence réelle et le courage de leurs opinions compense le secret dont ils s'entourent. Plusieurs personnes m'ont dit qu'il leur était impossible de faire un commentaire derrière certaines de mes diatribes tant elles sont bien exprimées et vont au fond des sujets traités. Je veux donc saluer la bravoure dont font preuve mes anonymes commentateurs. Je ne veux, cependant, pas oublier ceux qui signent de leurs pseudonymes ou de leur nom, ce sont des personnes qui me connaissent et assument le duel qu'elles cherchent à provoquer par leurs remarques.
Mais je dois avouer qu'un commentaire mal écrit, avec des fautes d'orthographes de surcroît, est un acte très fort, même masqué, il faut oser prendre le risque. J'en arrive à glorifier les lettres anonymes, ce doit être un moyen secret de vous pousser à écrire des commentaires incognito! Même quelconque, même flatteur, mieux encore en désaccord, une remarque d'un inconnu est toujours enrichissante, ne serait ce que pour me prouver qu'il y a des personnes qui pensent dans mes lecteurs.
En même temps, il est plus simple de passer sur un autre blog que d'essayer de me convaincre que je me suis trompé dans le traitement d'un sujet, mais quelques mots bien sentis, sous couvert de cet anonymat protecteur, ne prennent que peu de temps. Alors, cher Anonyme, qui si souvent m'écrit, continue de te masquer pour mieux commenter les sujets qui te parlent ou te heurtent, n'hésites plus, écris moi, je publierai ton message afin qu'il ne soit plus secret pour personne.
Voilà, j'aime les anonymes qui sortent de leur réserve afin de faire connaître leurs idées, faute de le faire de leur identité. Ils peuvent laisser leur ordinateur allumé puisqu'on ne sait pas qui ils sont. Mais vous les connus, vous devez éteindre le votre, ou mettre un commentaire......incognito, cela va de soi!

mercredi 12 octobre 2011

J'aime sortir des sentiers battus.

Encore une balade Dinanaise en ce dimanche ensoleillé, mais, pour changer, j'ai décidé de passer par de petits sentiers peu fréquentés puisque même des habitants de la ville ne les connaissent pas, ce sont des lieux publics mais non des lieux communs. Ce qui n'est pas pour me déplaire, je ne suis pas un misanthrope mais je ne recherche pas le bain de foule, je ne suis pas un sauvage mais j'aime la nature dans ce qu'elle a de plus libre.
Me voici hors des sentiers battus, c'est dans ma nature et je peux m'y laisser aller à la rêverie et à la contemplation sans qu'il n'y ait d'interférence. Je marche sur des chemins qui, pour être aménagés, n'en sont pas moins difficiles à pratiquer, escarpés, encombrés d'obstacles par les arbres environnants déposés, envahis par endroits par la nature reprenant ses droits. Ils ressemblent, en certains passages, à des sentes qui tortillent au gré du "pas de l'âne", il faut alors s'y frayer son chemin au milieu des broussailles et des ronciers pour, tout à coup, déboucher sur une allée aménagée qui ressemble, pour lors, à une avenue.
Puis, j'arrive sur le chemin de halage, le long de la Rance, mais je ne m'y attarde point, il y a trop de monde, les jours ensoleillés d'automne poussent les gens dehors, une dernière bouffée d'air frais avant les jours froids qui s'annoncent. Je m'engage directement dans la première percée qui s'offre à mon regard, bien m'en prend, je retrouve un ancien passage à l'abandon, on ne voit plus qu'une maigre trace qui semble avoir été un sentier. C'est un cheminement long et laborieux que j'entreprends alors, ressemblant à s'y méprendre à une forme d'escalade, mais j'y suis j'y reste et en avant, les obstacles sont faits pour être abattus, c'est devenu mon credo!
Avant que d'entreprendre ma promenade, j'avais été discuter avec un Ami très proche, il a guidé mes pas et je sais, lors de ce passage difficile, que c'est lui qui m'a inspiré au moment où je me suis engagé sur cette voie qui, pour tortueuse qu'elle soit, m'a permis d'arriver aux portes de ma ville par un lieu qui m'était inconnu, mais plein des charmes de l'aboutissement d'une forme de quête de la beauté. En me retournant, j'ai aperçu une vue magnifique sur le port de Dinan, entre les branches des châtaigniers qui commencent déjà à se dénuder de leurs feuilles, ouvrant des perspectives jusque là invisibles.
Il est certain que sortir des sentiers battus change le point de vue, mais, comme une route parallèle, ils ramènent au même point. Nous sortons justes enrichis de nouvelles voies explorées d'une telle balade, cela permet de confirmer qu'il peut y avoir différentes façons d'aboutir et que les plus conventionnelles, si elles semblent plus sûres, ne sont pas forcément les plus enrichissantes.
Voilà, je suis rentré de ma promenade, fatigué mais heureux des nouvelles visions qu'elle m'a offert de cette ville que j'aime tant. Là, même les pavés que j'ai tant foulé me semblent différents, les rues me paraissent pavées d'or!
Allez éteignez votre ordinateur, pour sortir des sentiers rebattus de l'informatique!

J'aime les sons du silence.

Avez vous remarqué, les rares fois où vous retrouvez un vrai silence, les bruits que cela peut faire apparaître? C'est un phénomène étrange, un silence, pourtant total, émet ses propres sons ou alors, peut être, est ce notre cerveau qui les invente, mais le fait est là, le silence total ne peut exister!
C'est la force de l'humain, mais aussi sa faiblesse, il ne supporte pas le mutisme des sons, s'il n'y en a pas, nous les créons, ce sont des acouphènes morales qui nous permettent de ne jamais nous sentir seul ou isolé, nous nous prenons alors à écouter le silence pour mieux entendre ce qu'il a à nous dire. Le silence parle, donc il émet des sons, c'est évident, sinon comment ferions nous pour l'entendre? Alors, chut, écoutons le silence, veuillez vous rendre insonores, je vous prie.
Bon, c'est mieux, nous allons pouvoir mieux nous entendre, écoutons cette tranquillité dans le calme retrouvé, profitons de l'absence de bruit. N'entendez vous pas ce petit grésillement, ou un sifflement léger? Ce n'est rien, c'est la mémoire auditive qui se met en repos, voilà, l'effet s'estompe, le silence se fait, respirons moins fort afin que même un souffle ne vienne interrompre ce moment de félicité auriculaire ( non, ce n'est pas que le petit doigt!!). C'est dans ce silence criant que nous découvrirons la vérité, émet il des sons?
Un ange passe, ah non, c'est une mouche! Paf! Bon, un ange passe disais je, entendez vous, ce sont les rouages de votre cerveau, ils se mettent à fonctionner, le silence inspire les pensées. La sérénité gagne même nos corps, quelques petits craquements vertébraux et c'en est fini du bruit, tout n'est que calme et paix. Là, avez vous entendu ce chuintement? C'est le silence qui s'exprime, il est des sons qui lui sont particuliers, il parle à chacun de nous, mais si nous sommes en un même lieu, il ne nous dit pas la même chose, il s'adapte à l'oreille qui l'écoute.
Les sons émis sont discrets, feutrés, il faut, pour les entendre, faire le silence le plus total, puis laisser faire l'imagination, entrer en phase de mutisme et alors, doucement, se laisser investir par la résonance afin de percevoir les modulations du silence. Ce ne sont, d'abord, que quelques vibrations, un bruissement, enfin, tous les sens en éveil nous font percevoir les sons, par le corps, par l'esprit puis, pour finir, ce sont les oreilles qui entendent. Sans faire de bruit, les chuchotements du silence entrent en communication avec nous.
Même les battements de nos coeurs deviennent perceptibles, on entend leur chant, ils rythment le silence, en faisant une douce musique. Le silence est la plus bruyante des déclarations d'Amour dans le secret des âmes, c'est la discrétion qui donne sa force à une flamme déclarée, là les sons du silence sont éloquents et font grand tapage dans le coeur de l'être Aimé.
Voilà, je vais vous laisser éteindre votre ordinateur pour que vous puissiez profiter du silence. Et si, par malheur, vous n'arrivez pas à entendre les sons du silence, faîtes l'âne ainsi vous aurez du son!

J'aime la polyvalence.

Dans notre monde, il n'est pas de plus grande qualité requise, il faut savoir faire preuve de polyvalence, avoir plusieurs cordes à son arc est devenu un impératif. Il est nécessaire d'être un "homme à tout faire" aux yeux des employeurs et de l'état puisqu'il prétend obliger les chômeurs à accepter des emplois qui ne leur conviennent pas, pour lesquels ils n'ont pas été formés, ou formatés d'ailleurs.
La diversification est le mot à la mode dans le milieu de l'emploi, il faut être capable d'exercer plusieurs métiers pour en trouver un, voire les exercer tous en même temps, vu que partout les employeurs ne proposent plus que le salaire minimum, au sacro-saint nom de la compétitivité mondiale. Pour gagner un salaire qui permette de vivre décemment, il faut donc exercer deux emplois au moins, tant que le salaire minimum existe en tout cas, après nous consacrerons notre vie au travail, plus de loisirs, plus de vie, mais ça c'est pour plus tard, enfin je crois, enfin je l'espère!
En attendant, il faut savoir diversifier ses activités et c'est un expert qui vous le dit, avec un curriculum vitae qui ressemble à un catalogue de vente par correspondance, la polyvalence est devenu un art de vivre chez moi, je n'ai que des raisons de m'en réjouir en ces temps de disette d'emplois, cela me permet de rebondir. Car, loin d'effrayer de potentiels employeurs, mon passé les interpelle, ils sont impressionnés par les capacités d'adaptation d'un candidat, mais refusent de reconnaître une qualification comme acquise. Ma polyvalence fait de moi un débutant perpétuel, c'est là son moindre défaut, mais il permet à tous ces vils avares de ne me proposer qu'une rémunération de misère, je deviens une simple valeur ajoutée!
Les divers métiers que j'ai pratiqués me servent pourtant quel que soit l'emploi visé, les employeurs qui abusent de ma générosité actuellement le savent, mais ils font semblant de n'en rien voir, ils omettent que la polyvalence permet de développer d'autres dons, celui de clairvoyance par exemple! On apprend vite à connaître sa vraie valeur lorsque l'on prétend se vendre plus facilement, il faut être apte au rebond si l'on veut pouvoir rebondir dignement. Il faut devenir une balle de tennis frappée par Roger Federer et pas une de ces balles en caoutchouc qui partent dans tous les sens, il faut savoir jusqu'où on peut aller si on veut pouvoir aller n'importe où!
Être polyvalent, c'est posséder des aptitudes, des capacités variées, pouvoir aller n'importe où, n'importe quand, faire n'importe quoi mais pas n'importe comment! Il faut savoir observer les plus expérimentés pour mieux apprendre les gestes ou les postures à adopter face à une nouvelle activité, le développement de la curiosité est un des atouts essentiels pour un polyvalent, c'est la plus grande qualité de la polyvalence, il faut être attentif tout le temps et à tout. Il faut apprendre vite et ne pas reproduire le comportement des autres mais créer le sien propre afin de ne pas avoir à souffrir la comparaison et même devenir plus efficace que ces gens enfermés dans leurs habitudes. C'est un challenge permanent, une espèce de course à l'échalote où, aussitôt une étape franchie, il faut se préparer à la suivante. C'est, parfois, fatigant, mais c'est toujours exaltant de se sentir en vie!
Voilà, vous pouvez éteindre ces faux vecteurs de la polyvalence que sont vos ordinateurs, car ils ne permettent que de se disperser, là où il faudrait être concentré.

J'aime la vertu.

Mais non, ne vous réjouissez pas trop vite, votre Fleuriquet n'est pas devenu vertueux, encore moins chaste, ni même pudique. Je veux parler de la vertu comme d'une qualité qui pousse à faire le bien afin de mieux éluder le mal, comme d'une probité sans faille, comme d'une capacité à être honnête.
Il faut beaucoup de courage pour faire preuve de vertu dans notre société qui préfère glorifier les désordres de l'immoralité, il faut être d'une grande intégrité si l'on veut vivre décemment sa vie vertueuse et ne pas se laisser aller à la facilité, c'est une forme d'héroïsme que d'avoir de l'honneur. Faire preuve de charité, avoir du coeur sont des vertus que chacun de nous devrait développer, ce sont des valeurs propres à l'humanité, nous avons tous la faculté de le faire, mais nous refusons de plus en plus de l'admettre, comme si c'était un signe de faiblesse et non plus une forme d'intelligente sagesse.
Au moyen-âge, il a été inventé des ceintures de chasteté pour que les femmes préservent leur vertu en attendant le retour de leur mari, peut être devrions nous créer des ceintures de chasteté morale pour nos dirigeants et tous les faibles qui suivent leur voie par lâcheté. Ainsi, ils seraient contraints de faire preuve de vertus telles que la justice et l'honnêteté, ils retrouveraient leur honneur, pour notre plus grand bonheur.
Car, la vertu n'est rien d'autre qu'une qualité qui nous rend propres à faire le bien, c'est un pouvoir, une propriété de l'humain, cela devrait être notre priorité. C'est en vertu de cela que nous devrions agir avec la prudence de la pudeur, agir avec pureté nous rendrait notre virginité, nous confinerions alors à la sainteté des anges qui, étant asexués, peuvent préserver leur chasteté. Nous pourrions nous contenter de tempérance, nous ne sommes que des humains et l'on peut développer des vertus sans devenir chastes, ni faire preuve de trop de continence.
D'ailleurs, je vais, incontinent, vous le prouver, si un ange a bien la capacité à la charité et à la chasteté, ce n'est pas qu'il soit plus vertueux que nous, c'est juste qu'il ne peut faire autrement! Nous, humains, avons la possibilité de choisir, c'est une vertu dont ne disposent pas les anges, vous voyez qu'ils ont leurs défauts eux aussi! En vertu de quelle justice devrions nous faire preuve de pureté, ayons l'honnêteté de reconnaître notre capacité à la faiblesse, alors, vertueusement, nous ferions amende honorable, ce serait la preuve de notre pudeur à admettre nos vertus.
Voilà, ma haute moralité me donne la vertu de vous avouer que la vertu est difficile à aimer autant qu'à pratiquer, aussi aurai je la pudeur de vous demander avec une certaine retenue d'éteindre votre ordinateur et, comme moi, d'aller vous coucher parce que là, je suis vraiment fatigué. (qui a dit ça se voit?)

J'aime le dérèglement climatique.

En ce début d'automne, nous vivons des journées particulièrement chaudes et ensoleillées, vu l'été dont nous avons été gratifiés, nous devrions nous en réjouir. Mais non, l'humain est ainsi fait que rien, jamais, ne le satisfait.
"Il fait trop chaud." "On va payer ça cet hiver." "on ne sait plus comment s'habiller." "la météo est devenue folle." Ce ne sont que quelques unes des remarques que l'oreille attentive peut glaner à gauche ou à droite, il semble y avoir une certaine crainte de ces dérèglements climatiques de la part d'une majorité de personnes. Quand on pense aux trésors d'inventivité dont ont fait preuve les écologistes pour faire craindre le réchauffement des températures, pour n'obtenir que peu de réactions, il devient drôle de voir l'effet d'une semaine de chaleur intense début octobre!
Ce n'est pas la première fois que ce phénomène se produit pourtant, mais là, il déclenche des inquiétudes surprenantes. Dans l'horticulture, nous voyons des plantes entamer leur fleurissement de façon désordonnée, je mange encore de nombreuses framboises au long de mes journées de travail, c'est surprenant mais plutôt réjouissant. Tout comme ce sursis de chaleur, ce midi j'ai mangé au milieu de ma pépinière, en plein soleil et j'ai eu le sentiment d'être un peu en vacances, je ne vais pas m'en plaindre!
C'est une année faste que celle que nous vivons, un hiver enneigé et froid, auquel a succédé un printemps précoce et très chaud, un été où nous n'avons pas eu à souffrir de la chaleur et, maintenant, un "été indien" pour débuter l'automne. Avouons que cela pourrait être pire, je ne vois donc que des raisons de se réjouir de tous ces changements, surtout que je n'ai pas eu de véritables vacances cette année! Cela fait maintenant plusieurs années que l'été n'est pas à la hauteur des espérances des estivants, mais, au lieu de se plaindre, ils n'ont qu'à changer les dates des vacances, ainsi ils profiteront du beau temps quand il est là!
En fait, il suffit de bouleverser nos habitudes de la même manière que les changements de climat, c'est l'adaptabilité qui nous permettra de mieux résister à ces évolutions de la météo, puisque rien de ce que nous pourrions faire ne changera quoi que ce soit à ces phénomènes. Il nous faudra emplir nos sacs à dos de vêtements divers et variés, allant du gros pull au maillot de bain, en passant par les bottes et les sandales, le tube de crème solaire voisinant avec celui pour les gerçures, le parapluie et le parasol deviendront inséparables.
Voilà, c'est pour ça que j'aime les dérèglements climatiques, ils apportent le changement et un peu de nouveauté dans nos rapports avec la nature, cela vaut tous les discours de nos démagogues écologistes. Du coup, on pourrait même penser que la fin du monde de l'année prochaine n'est qu'un simple changement de style de vie, un renouveau plutôt qu'une fin, c'est réjouissant plus qu'inquiétant!
Allez éteignez votre ordinateur et allez enfiler votre maillot de bain, mais pensez à emporter vos moufles, ne sait on jamais!

lundi 3 octobre 2011

Puis je aimer la plage?

C'est une drôle de question, tant je suis sûr de ne pas aimer rester vautré sur le sable comme un lézard fatigué, mais ici, dans les Côtes d'Armor, on ne peut avoir cette vision restrictive de la plage. La côte est parsemée de petites criques et il y a autant de plaisir à y accéder, par des chemins parfois escarpés mais toujours pleins de charmes, qu'à s'y arrêter pour profiter un peu du sable et de l'eau qui est largement accessible au bain en cette fin de saison.
C'est tout le paradoxe de cette étrange année, je me serai baigné deux fois, la première en avril, à Pléneuf Val André, mais je dois bien avouer que j'en tremble encore tant l'eau était glacée! Le deuxième bain a eu lieu aujourd'hui, le 2 octobre! Mais là, je me suis baigné plusieurs fois tellement c'était agréable et nécessaire vu qu'il faisait trente degrés sur le sable! Dinan a déjà exercé sa magie sur moi, si la côte environnante s'y met aussi, je ne suis pas près de quitter ce lieu où j'ai décidé de m'installer.
Cette côte déchirée, où les nombreux rochers affleurants créent comme des remparts, faisant de chaque crique un endroit protégé, est peine d'attraits, une fois sorti de l'eau, il y a plein de découvertes à faire, ne serait ce que les nombreux châteaux, en ruines ou encore debout, qui émaillent les lieux témoignant d'un passé riche que les habitants ont su conserver. Je vis des moments de jubilation intenses et je me sens vraiment chez moi en ces lieux que, pourtant, je découvre.
Alors, je le dis haut et fort, oui je peux aimer la plage, quand elle n'oblige pas à parcourir des centaines de mètres de sable sans rien d'autre à y découvrir que des cadavres allongés, quand elle offre un tel panel de choix que l'on peut s'organiser une randonnée pleine d’intérêts divers et variés, quand elle permet d'être actif, tout simplement.
Rien ne me semble étranger en ce lieu, quel que soit l'endroit où je me trouve, j'ai ce sentiment étrange d'y être déjà passé. Je ne crois pas en la réincarnation, mais là, il y a quelque chose d'étrange qui se passe, comme si ma boucle était enfin bouclée, je suis là où je dois être. Je me suis toujours demandé pourquoi je n'étais jamais venu à Dinan pour les fêtes médiévales, maintenant je le sais, cette ville du moyen-âge n'est pas faite pour que j'y vive ma passion pour l'histoire mais, bel et bien, l'histoire de ma passion Amoureuse.
Allez, vous pouvez éteindre votre ordinateur et aller faire bronzette à la plage, nous sommes en octobre et l'hiver ne tardera plus à reprendre ses droits.

J'aime les coffres forts.

En arrivant à Dinan, mon Amoureuse a ramené avec elle de nombreux meubles, mais aussi des objets anciens dont un sublime coffre fort du XVIIIe (siècle pas arrondissement, bande de trucs!). Un engin de fou, blindé de partout, avec un système de serrure à trois pênes et une sécurité supplémentaire avant l'ouverture, il est tellement solide que même Fleuriquette aurait du mal à en venir à bout! Son poids est à la hauteur de sa solidité et nombre de brigands ont dû renoncer à l'emporter, vu que les tracto-pelles n'existaient pas à l'époque.
Et, là, ma Cathy bien Aimée me dit que ce coffre est mien, c'est son cadeau de retrouvailles, imaginez la joie provoquée par cette merveilleuse annonce, un coffre-fort pour moi! Ce fut un grand moment d'extase Amoureuse, ma Chérie me connaît si bien qu'elle a su, dès le début, comment me faire plaisir, confirmant cette entente qui règne entre nous. Me voici donc en possession d'une "malle au trésor", imaginez mon émerveillement devant cette oeuvre d'art lorsque Cathy m'en a montré l'ouverture, la magie éprouvée face à cette grande clef, entendre le cliquetis des serrures qui cèdent l'une après l'autre et ce petit déclic final qui permet d'accéder enfin au saint du saint.
Ce n'est plus un coffre, c'est un sanctuaire inviolable, même aujourd'hui, il faudrait de nombreux outils et une grande dextérité pour pénétrer les secrets de l'ouverture de ce coffre, je vais pouvoir y ranger mes plus précieuses reliques me dis je. C'est là, à ce moment précis que je prends conscience que je n'ai aucun objet dont la valeur justifierai de l'enfermer en un tel secret, je ne vois que mon nécessaire d'artillerie qui, au vu de la passion explosive dont font la preuve le fils de Cathy et le mien, sera hors de leur portée en mon absence, mais c'est un grand coffre et il peut contenir bien plus que ma maigre sacoche.
Je me mets à réfléchir, que puis je en ce lieu si sûr déposer, afin de le soustraire au monde environnant, afin que seul j'y puisse accéder? Je n'ai que peu de secrets pour mon entourage, je n'en ai aucun pour ma bien Aimée, je ne vais pas m'en servir de classeur pour mes papiers, ce serait par trop grotesque, mettre les bouteilles d'alcool pour impressionner les invités confinerait au ridicule, quand à y enfermer la télévision pour bien en montrer mon dégoût, ce serait donner trop de valeur à cet objet maudit!
Je pourrai y déposer mon Amour, puisque c'est mon bien le plus précieux, mais il ne supporte pas l'enfermement. Mon coeur, peut être, mais il est déjà entre les mains de ma Cathy et c'est l'asile le plus sûr qui puisse exister. Que me reste-t-il qui justifie un tel isolement?
Puis, tout à coup, la lumière a surgi, j'ai trouvé ce qu'il me faut déposer en ce lieu inviolable, ma mauvaise humeur, mon irascible caractère et mon reste de colère, tous ces sentiments qui refusent de me quitter totalement. Mon regard, parfois encore assassin, en témoigne, il me reste de vieux démons dont j'ai du mal à me défaire, en quel lieu les rendrai je inaccessibles mieux qu'en ce coffre à double tour fermé, ensuite je n'aurai qu'à donner la clef à une personne de confiance, à quelqu'une qui sera heureuse de nous savoir débarrassés de ces sempiternelles et imprévisibles sautes d'humeur.
Voilà, ce sera, finalement, ma boîte de Pandore, Mon Aimée sera la gardienne de la clef et je peux lui faire confiance pour n'avoir, jamais plus, envie de voir ce coffre s'ouvrir.
Allez, éteignez votre ordinateur avant que je ne l'enferme dans mon coffre-fort, vous ne pourriez plus me lire et, avouez le, cela vous rendrai bien tristes, non? Bon, tant pis, j'aurai essayé!

J'aime l'extraction.

Je pourrai aussi titrer "j'aime mon dentiste acte 2", car aujourd'hui, nous sommes rentrés dans le vif du sujet, je me suis fait arracher six dents ou ce qu'il en restait en tout cas! Bon, maintenant je peux jouer les fiers à bras, sur le coup je n'en menais pas large, mais le plus dur est fait et mon ravalement de façade prend forme.
Vous devez vous demander comment je peux aimer l'extraction après une pareille séance, voire vous dire que je suis masochiste, mais non, d'abord il me faut avouer que ma dentiste a fait un travail merveilleux et plein de douceur, elle a été efficace et rapide, de plus, elle m'a tellement endormi la mâchoire que je ne pouvais plus rien sentir. J'ai eu l'impression d'avoir la bouche déformée pendant près de trois heures, mais je n'ai pas eu mal du tout et, si ce n'avait été les bruits et les outils terribles qu'elle a utilisé, je ne me serai rendu compte de rien.
Ce fut une avulsion mais point un arrachement, ce fut un déracinement mais point une exérèse, ce ne fut qu'une extirpation de mes souches! Mais, si j'aime l'extraction, c'est qu'elle peut être tout autre chose, elle peut être une filiation définissant notre condition, c'est incroyable le nombre de mots à double sens de notre langue, là, on peut passer de l'arrachement au rattachement! Nous pouvons à la fois subir une ablation et hériter d'une ascendance.
Nous pouvons ainsi dessoucher une partie de nous et apporter une souche à nos origines, éradiquer une part de nous même et retrouver nos origines, on peut aussi, tel l'orpailleur, extraire un minéral riche du sol et enrichir notre lignage d'un aventurier devenu riche!
Tout ça pour quelques dents arrachées, me direz vous, mais c'est la dentiste qui m'a dit de penser à autre chose pendant quelle opérait. J'ai donc laissé mon cerveau divaguer et vous savez combien cela peut être dangereux avec un illuminé comme moi. Je vais réussir à transformer un arrachage en texte, j'ai extrait le meilleur du mal et j'ai trouvé des synonymes à l'action afin d'oublier la douleur provoquée, car, je dois bien vous l'avouer, cela fait horriblement mal, maintenant que l'anesthésique a cessé d'agir, j'en pleurerai si je n'étais pas occupé à vous écrire!
Si je vous disais le contraire, j'aurai l'impression de mentir comme un arracheur de dents! Allez, éteignez votre ordinateur et allez vous brosser les dents, si vous ne voulez pas avoir à écrire pour oublier votre extraction!